Face à la crise en cours avec la Turquie, le trio présidentiel de l'Union Européenne sera mardi en Grèce

Les présidents de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du Parlement David Sassoli accompagneront le président du Conseil européen Charles Michel mardi en Grèce pour soutenir ce pays dans la gestion de sa frontière terrestre avec la Turquie, mise sous pression par la décision d'Ankara de laisser le flux migratoire se diriger vers l'UE, a confirmé lundi la cheffe de l'exécutif européen.

"C'est un signe de soutien important des trois institutions à un moment où la Grèce défend avec succès les frontières de l'UE", a commenté le Premier ministre grec Kyriakos Mitsokakis sur Twitter, alors que M. Michel avait déjà annoncé ce déplacement dimanche.

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"Notre priorité est de donner à la Bulgarie et à la Grèce (deux pays de l'UE partageant une frontière avec la Turquie, NDLR) tout le soutien pour faire face à la situation. Le défi auquel est confrontée la Grèce actuellement est un défi européen", a ajouté Mme Von der Leyen.

L'Allemande a dit avoir conscience de la difficulté à laquelle la Turquie est confrontée concernant les réfugiés et les migrants. "Mais ce que l'on voit maintenant ne peut être une réponse ou une solution", a-t-elle averti à l'adresse du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a confirmé lundi que les frontières resteraient ouvertes.

Escalade

C'est à la suite de l'escalade des tensions dans le nord-ouest de la Syrie que la Turquie a décidé vendredi de laisser le flux migratoire se diriger vers les frontières extérieures de l'Europe, pour faire pression sur l'Occident.

"Nous avons établi un dialogue plus intense avec la Turquie, à tous les niveaux politiques, pour retrouver un terrain commun en ce qui concerne la situation des réfugiés en Turquie. Nous avons un accord auquel nous tenons, c'est la bonne base pour entamer un dialogue", a ajouté Ursula von der Leyen, alors que ce texte de 2016 est désormais en péril.

La dirigeante a également souligné la nécessité de déployer en Grèce des moyens supplémentaires à ceux déjà mis en place à travers Frontex, l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes.

La Turquie accueille sur son sol plus de quatre millions de réfugiés et migrants, en majorité des Syriens, et affirme qu'elle ne pourra pas faire face seule à un nouvel afflux, alors que près d'un million de personnes fuyant les violences à Idleb sont massées à sa frontière.

Le conflit en Syrie a fait plus de 380.000 morts depuis son déclenchement en 2011.

 

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