Explosions de Beyrouth : Emmanuel Macron réclame une enquête internationale et annonce une conférence d'aide au Liban

Le président français en visite à Beyrouth.
Le président français en visite à Beyrouth. - © STRINGER - AFP

Le président français Emmanuel Macron a réclamé jeudi à Beyrouth une enquête internationale. "Je n'ai aucune information, il faut une enquête internationale et transparente", a-t-il déclaré alors qu'il est en visite sur place au lendemain de la double explosion survenu sur le port de la capitale libanaise. "C'est pourquoi il faut un enquête internationale, ouverte, transparente pour éviter que des choses soient cachées mais aussi que le doute ne s'installe."

Les produits chimiques qui ont explosé mardi dans le port de Beyrouth y sont arrivés il y a sept ans à bord d'un cargo russe de location en très mauvais état qui n'aurait jamais dû accoster dans la capitale libanaise, a déclaré le capitaine du navire.

Le président français a en outre annoncé la tenue d'une conférence d'aide pour le Liban "dans les tout prochains jours" afin de reconstruire la ville de Beyrouth dévastée. La double explosion a fait plus d’une centaine de victimes et des milliers de blessés. Elle visera à mobiliser "des financements internationaux, des Européens, des Américains, tous les pays de la région et au-delà, afin de fournir des médicaments, des soins, de la nourriture", a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé l'arrivée au Liban jeudi prochain du porte-hélicoptères amphibie Tonnerre qui amènera médicaments, soignants et matériel après les explosions meurtrières de mardi.

Parmi les victimes figurent au moins "une cinquantaine de Françaises et de Français", a précisé le président français, même s'il est selon lui "trop tôt pour donner des chiffres" définitifs. Le porte-hélicoptères Tonnerre, long de 200 mètres, contient 69 lits d'hôpital avec extension possible et deux blocs opératoires et peut convoyer jusqu'à 900 soldats, selon le ministère de la Défense.

C'est le temps des responsabilités aujourd'hui pour le Liban

Emmanuel Macron, a appelé enfin les dirigeants libanais à un "profond changement" pour sortir leur pays de l'impasse politique et économique. "C'est le temps des responsabilités aujourd'hui pour le Liban et pour ses dirigeants", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse après ses entretiens avec les principaux responsables libanais de tous bord. Il a appelé à une "refondation d'un ordre politique nouveau" et à de "profonds changements".

Face à la colère contre un pouvoir jugé corrompu et incompétent, M. Macron a souligné que l'aide mobilisée après la catastrophe de mardi irait directement aux bénéficiaires, notamment par le biais de l'ONU. "Nous mettrons aussi en place une gouvernance claire et transparente pour que l'ensemble de cette aide, qu'il s'agisse de l'aide française comme de l'aide internationale, soit directement acheminée aux populations, aux organisations non gouvernementales, aux équipes sur le terrain qui en ont besoin, sans qu'aucune opacité, aucun détournement ne soient possible.".

11 milliards débloqués en 2018

En 2018, Paris avait organisé une conférence d'aide pour le Liban qui avait permis de lever 11 milliards de dollars, en contrepartie de réformes. Mais ces fonds n'ont jamais été débloqués car les réformes ne se sont jamais concrétisées, dans un pays habitué aux crises politiques à répétition et aux marchandages interminables.

"Les financements sont là, ils attendent les réformes", a-t-il souligné, précisant qu'il ne pouvait pas "donner des chèques en blanc à des systèmes qui n'ont plus la confiance de leur peuple."

M. Macron sera de retour le 1er septembre pour marquer le centenaire de la naissance du Liban, mais aussi "faire un point d'étape" sur "l'indispensable sursaut" attendu des responsables. Interrogé par un journaliste sur la possibilité de "sanctions" contre les dirigeants libanais en l'absence de progrès, le président français a dit: "je n'exclus rien, mais je pense qu'il faut faire les choses en bon ordre", assurant que ce n'était pas "la priorité en terme d'action".

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