Explosions à Boston: Barack Obama dénonce un "acte de terrorisme"

Explosions à Boston: Barack Obama dénonce un "acte de terrorisme"
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Explosions à Boston: Barack Obama dénonce un "acte de terrorisme" - © AFP PHOTO/Mandel NGAN

Le président Barack Obama a qualifié mardi les attentats de Boston d'"acte de terrorisme" et concédé que les autorités américaines ne savaient pas encore si cet "acte odieux et lâche" était le fait d'un individu ou d'un groupe, étranger ou américain. Deux explosions ont tué lundi sur la ligne d'arrivée du marathon: elles ont fait au moins trois morts et plus de 176 blessés.

Une première puissante explosion a eu lieu vers 14h40 heure locale (20h40 heure belge), environ deux heures après que les premiers coureurs aient franchi la ligne d'arrivée. Une autre déflagration a suivi quelques secondes après. 

Au moment des explosions, des participants franchissaient la ligne.Les explosions ont fait au moins 3 morts dont un enfant de 8 ans. Quelque 176 personnes sont blessées dont une dizaine d'enfants.
 
Le trafic aérien a été suspendu à l'aéroport Logan de Boston, les automobilistes ont été priés de quitter le centre et le réseau de téléphonie mobile a été mis à l'arrêt pour éviter qu'il soit utilisé pour déclencher d'autres explosions.

"On a entendu deux explosions", a rapporté à l'AFP un témoin. "Quand on les a entendues, on est resté très calme, et la police est venue dans la minute qui a suivi", selon la même source. "On dit qu'il y a des membres humains, des morceaux de corps". Les blessés étaient soignés directement sous la tente censée accueillir les coureurs.

Un jour de fête

La marathon de Boston est habituellement couru le troisième lundi d'avril, Patriots Day, un jour ferié dans l'état du Massasuchetts qui commémore les premières batailles de la Révolution américaine, en 1775.

"Ce qui est choquant pour tout le monde, je pense que c'est l'idée que ce sont des familles entières qui se rendent sur place pour assister à l'arrivée de la course", explique à la RTBF la journaliste française Aline Syre.

"Les écoles sont fermées, les bureaux administratifs sont fermés et c'est vraiment une grande fête dans la ville, (...) et l'arrivée de la course, c'est en plein cœur de la ville." "Imaginez qu'il y a environ 26 000 participants dans la course et en général, environ 500 000 personnes qui se déplacent pour aller regarder cette course", ajoute-t-elle.

"C'est un peu une fête et donc des familles entières, des jeunes enfants, des  gens de tous les âges" étaient présents. "Un enfant bien sûr malheureusement, est décédé, un enfant de 8 ans, d'autres enfants sont aussi atteints", explique-t-elle.

Barack Obama durcit son discours

Le soir même, le président des Etats-Unis Barack Obama avait déclaré que ses services ne savaient toujours pas qui était à l'origine des deux explosions ni quelle en était la cause, sans évoquer explicitement la piste terroriste.

Mais un responsable de la Maison blanche a déclaré que de toute évidence il s'agissait d'un acte "terroriste" et qu'il serait traité comme tel.

Mardi, le président a repris la parole pour affirmer qu'il s'agissait bien d'un "acte terroriste", durcissant son discours par rapport à la veille.

"A chaque fois que des bombes sont utilisées pour viser des civils innocents, il s'agit d'un acte de terrorisme", a affirmé Barack Obama lors d'une courte intervention dans la salle de presse de la Maison Blanche, en appelant ses compatriotes à la vigilance.

"Nous ne savons pas encore (...) qui a mené cet attentat ou pourquoi, s'il a été planifié et exécuté par une organisation terroriste, étrangère ou américaine, ou si c'était l'acte d'un individu", a ajouté le président.

"Nous n'avons pas encore une idée du mobile" de ces attentats, a-t-il insisté, après avoir été mis au courant des derniers développements de l'enquête par son équipe de sécurité. "A l'heure actuelle, tout le reste n'est que spéculation."

Barack Obama a une nouvelle fois promis que le ou les auteurs rendraient des comptes devant la justice, et assuré que les Américains "refusent d'être terrorisés". "Dans les jours à venir, nous poursuivrons nos efforts pour découvrir tout ce qui s'est passé, et nous resterons vigilants. J'ai donné l'ordre à mon administration de prendre les mesures de sécurité nécessaires pour protéger les Américains", a-t-il dit, en soulignant que "nous avons tous un rôle à jouer pour alerter les autorités" en cas de soupçon.

Barack Obama a aussi rendu hommage au courage de ceux qui ont porté aide aux victimes des explosions.

Une enquête qui démarre lentement

Les enquêteurs recherchaient mardi le moindre indice : examen des caméras de surveillance, des débris laissés par les deux bombes artisanales, interrogatoires de nombreuses personnes ayant vu ou cru voir quelque chose... Les enquêteurs recherchaient tout azimut, en l'absence pour l'instant de la moindre revendication.

"Nous n'avons personne en garde à vue", a insisté lors d'une conférence de presse mardi le chef de la police Ed Davis.

Lors de cette conférence de presse, les autorités ont demandé aux Bostoniens de leur transmettre "toute photo ou vidéo" qui pourrait aider l'enquête.

"Nous avons déjà reçu de très nombreuses informations", a précisé Rick DesLauriers, le responsable local de la police fédérale (FBI) à Boston, qui dirige désormais l'enquête. "Nous étudions un grand nombre d'indices et de pistes", a-t-il ajouté, promettant une enquête "mondiale" si nécessaire.

Alors que Boston était placée mardi sous des mesures de sécurité renforcées, plusieurs rues étant toujours fermées en centre-ville autour du lieu des attentats, le gouverneur du Massachusetts Deval Patrick a tenu à préciser qu'aucune autre bombe n'avait été découverte dans la ville.

Une piste officiellement explorée: l'analyse des communications téléphoniques au moment de la déflagration. L'engin aurait pu être déclenché à distance par GSM.

D'après certains témoins, c'est la piste d'un mouvement local d'extrême-droite qui serait privilégiée. D'autres informations font état d'un Saoudien blessé et arrêté; une information aussitôt démentie.

Vraisemblablement des bombes artisanales déposées au sol

La puissance des explosions laisse penser à des bombes artisanales déposées au sol accompagnées de billes d'acier ou de clous pour multiplier les dégâts, selon les premiers témoignages et éléments de l'enquête.

La puissance des deux bombes, avec un effet de souffle relativement limité, semble écarter l'utilisation d'explosifs de types militaires, type C4 ou Semtex, très puissants et difficiles à se procurer.

Les abords de l'arrivée du marathon ont été examinés à deux reprises, le matin et une heure avant l'arrivée des premiers coureurs, sans qu'aucune trace d'explosif ne soit trouvée, selon le commissaire de Boston Edward Davis.

Il pourrait donc s'agir d'une bombe artisanale facilement transportable dont la composition n'a pas été précisée.

Les services d'urgence de Boston ont fait état de nombreuses blessures au niveau des membres inférieurs, ayant nécessité des amputations à plusieurs occasions.

"Ce n'est pas inhabituel. Cette bombe a probablement été placée près du sol et donc des blessures des membres inférieurs sont à redouter", a expliqué sur CNN le Dr George Velmahos, chef du service de traumatologie au Massachussetts General Hospital, qui a dû effectuer quatre amputations.

Les effets de l'explosion ont été aggravés par l'utilisation de billes d'acier de roulements à billes, a affirmé sur FoxNews le président de la Commission de la sécurité intérieure à la Chambre des représentants, Michael McCaul.

Un élément confirmé par le Dr Velmahos: "on a retrouvé toutes sortes d'objets tranchants dans les corps, cette bombe contenait probablement de multiples fragments métalliques. Nous avons retiré des billes et des clous".

Plusieurs villes ont relevé leur niveau d'alerte

Par précaution la police a placé en alerte des "critical response vehicles" dans les grandes villes de la côte est. La sécurité a été renforcée notamment dans les endroits-clés de New York mais aussi à Washington DC où Pennsylvania Avenue est fermée, à San Francisco ainsi qu'à Londres.

Le contrôle est également renforcé dans les aéroports du pays.

"Nous renforçons la sécurité devant les hôtels et autres lieux connus dans la ville" a notamment déclaré le porte-parole de la police de New York Paul Browne. "Il y a 1000 membres de la police de New York dévoués à la lutte contre le terrorisme et ils vont être - aux côtés de l'ensemble de la police de la ville (...) - mobilisés à 100% pour protéger notre ville", a précisé le maire de New York Michael Bloomberg, une ville qui n'a jamais oublié les près de 3000 morts des attentats du 11 septembre.

Le Sénat à Washington a observé dans la soirée une minute de silence en solidarité avec les victimes.

Mais "on est très parcimonieux sur les révélations", confirme le correspondant de la RTBF, Philippe Gassot. "La toute première réaction, est de penser à Al Qaida". Un moyen pour cette organisation de montrer qu'elle est toujours là. Mais d'autres pistes existent, comme celle des "freemen": "Ce sont des gens qui refusent tout pouvoir; le pouvoir de Washington est exécré et on n'avait pas entendu parler d'eux depuis très longtemps. Mais se sont-ils rappelés à notre mémoire ? Ça n'est pas impossible", explique notre correspondant.

"Pas de menace imminente", disent les autorités

Dans une conférence de presse tenue ce mardi, les autorités ont exclu l'existence, évoquée à la suite des explosions, d'autres bombes. "Il n'y a eu que deux bombes qui ont explosé", a déclaré le gouverneur du Massachusetts. Le FBI a pour sa part, expliqué que l'enquête était en cours, et le serait peut-être encore pour plusieurs jours. Les services de police seront présents dans les environs de la catastrophe. Les auditions de témoins et les interrogatoires ont toujours lieu, ce mardi, a-il ajouté. Les représentants des services d'investigation ont en outre demandé aux témoins de donner toutes les informations qui se trouveraient en leur possession.

Aucune garde à vue n'est encore intervenue à ce stade.

Les services de sécurité affirment en outre qu'aucune autre menace n'a été identifiée. Les autorités demandent aux habitants d'être patients.

Plus de 26 000 personnes participaient à la course dont 23 Belges, selon le site officiel du marathon. Mais, d'après les informations officielles, aucune victime n'est à déplorer parmi ces derniers.

Patricia Leleux participait au marathon. Pour cette Belge, l'épisode de lundi se rapproche d'un cauchemar.

"Nous ne sommes pas encore parvenus à trouver le sommeil", a indiqué un autre Belge, Serge Withofs, un opticien de 46 ans, originaire de Puurs, qui participait au marathon de Boston. "Les images de la rue qui s'est transformée en zone de guerre restent dans notre tête", a-t-il expliqué.

"Si j'étais arrivé une heure plus tard, j'aurais pu faire partie des victimes. Ma femme, ma fille et son amie qui m'attendaient à l'arrivée pour me supporter auraient également pu être touchées. C'est une chance que j'ai bien couru aujourd'hui, les explosions se sont produites peu après que nous avons regagné notre appartement à environ 300 mètres de la ligne d'arrivée", a ajouté Serge Withofs.

Ce dernier et les membres de sa famille sont retournés peu après sur les lieux du drame. "La rue était devenue une zone en guerre: des gens couchés au sol appelaient des secours, les forces de l'ordre et les ambulanciers étaient en panique. C'est une situation que nous ne connaissons pas en Belgique. On voit ça seulement dans les films catastrophes."

Les gens sont d'autant plus choqués car cela s'est produit lors d'un événement sportif, a-t-il également expliqué.

Cette course, qui fait partie des six Marathons mondiaux majeurs, avec les 42,195 km de New York, Chicago, Berlin, Londres et Tokyo, n'a jamais connu d'interruption depuis sa première édition, même si elle n'est disputée sur la distance olympique officielle que depuis 1924.

Considéré comme l'un des marathons les plus difficiles, en raison de son parcours accidenté, le marathon de Boston ne peut donner lieu à un record officiel, la ligne d'arrivée étant à une altitude inférieure à celle de la ligne de départ.

RTBF avec agences

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