Explosion du prix des gousses de vanille: les coulisses d'un business lucratif

Depuis 2013, le prix des gousses de vanille a été multiplié par 10. Cette année, les producteurs espèrent obtenir 50 euros le kilo de gousse de vanille: la bataille des prix entre paysans et industriels se joue en ce moment et concerne tout particulièrement l'île de Madagascar, où plus de 80% des gousses de vanille mondiales sont produites. 

A quelques jours de la récolte, les paysans malgaches ne dorment plus pour veiller sur leur trésor. Car à mesure que les prix grimpent, les vols dans les plantations se multiplient. Ils poinçonnent même leur culture de leurs initiales comme preuve de paternité.

Or noir

Les gousses récoltées sont bien gardées et souvent cachées jusqu’à ce que producteurs et acheteurs s’accordent sur le prix. Deux marchés se succèdent : celui de la vanille verte en juillet, et celui de la vanille transformée en octobre. L’échaudage et le séchage révèlent le bouquet aromatique exceptionnel de la précieuse orchidée et transforment la gousse fraîche en or noir.

"Ce planteur vient de vendre son premier kilo de vanille verte à 51 euros (le salaire mensuel moyen à Madagascar). La vanille préparée se vendra 5 fois plus chère en novembre", explique un collecteur de vanille.

Ces dernières années, la flambée des prix s’est accompagnée d’une baisse globale de la qualité, causée notamment par des récoltes précoces. Mais face à de tels tarifs, la demande mondiale emmenée par de grandes multinationales commence à reculer. Mais rien n’est irréversible. Après 6 ans de fièvre sur les prix de la vanille, le cours pourrait bien s’effondrer brutalement. Quelque 100.000 paysans malgaches devraient alors miser sur d’autres activités.

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