Exhibées sur des sites pornos à leur insu: des Espagnoles réclament une enquête

Filmées en train d’uriner dans la rue, plusieurs dizaines de femmes, dont les vidéos volées ont atterri sur des sites pornographiques, réclament justice en Espagne après le classement de leur plainte mi-mars, a indiqué leur porte-parole à l’AFP lundi.

"On ne va pas en rester là tant que ces vidéos continuent à générer de l’argent, restent en ligne" même si "pour la justice, il n’y a pas de délit", a affirmé à l’AFP Paloma Maseda Diaz, porte-parole des 87 plaignantes dans cette affaire qui remonte à août 2019, lors de la fête populaire d’A Maruxaina, à San Cibrao, en Galice (nord-ouest de l’Espagne).

110 femmes sur six vidéos

Cet été-là, sans qu’elles le sachent, plus d’une centaine de femmes, dont des mineures, ont été filmées alors qu’elles s’accroupissaient pour uriner dans la rue. Un an plus tard, un homme de la région était tombé, après avoir cliqué sur un lien contenant le nom de cette fête "Maruxaina", sur un site pornographique contenant "une vidéo où il a reconnu sa petite amie, ainsi que la cousine de celle-ci", a raconté Paloma Maseda Diaz, qui a été elle-même filmée. C’est ainsi qu’au total plus de 110 femmes sur six vidéos d’une durée totale d’une heure environ ont été identifiées sur divers sites X payants, a-t-elle poursuivi.

"La personne qui nous a filmées savait parfaitement où placer les caméras", cinq en tout selon elle, positionnées "dans le caniveau à trois endroits différents".

La justice a classé le dossier

A l’été 2020, une centaine de femmes ont déposé une plainte collective pour "violation de l’intimité" et "commercialisation illicite de contenu pornographique". Mais le tribunal local, situé dans la ville voisine de Viveiro, a refusé le 15 mars d’ouvrir une enquête, estimant qu’aucun délit n’avait été commis car "il s’agit d’une série d’enregistrements de femmes urinant dans la rue, c’est-à-dire, dans un lieu public où elles pouvaient être vues par n’importe quelle personne qui passait par là", selon la décision, consultée par l’AFP.

"La justice a classé le dossier et n’a pas ouvert d’enquête parce que cela a eu lieu sur la voie publique", a souligné pour sa part Mary Fraga, la présidente de l’antenne locale de l’association "Mujeres En Igualdad" qui s’est portée partie civile. "Mais c’était dans une ruelle sans issue et les caméras avaient été installées là par préméditation", a-t-elle argumenté.

Les plaignantes ont immédiatement fait appel et organisé dimanche une manifestation pour protester contre la décision de justice. Plusieurs centaines de personnes y ont pris part, selon les organisatrices.

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