Exécution d'un otage japonais: la vidéo ne fait quasi plus de doute

Le père de l'otage qui aurait été assassiné
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Le père de l'otage qui aurait été assassiné - © YASUHIRO SUGIMOTO - BELGAIMAGE

Les Etats-Unis, le Royaume Uni, la France et bien sûr le Japon ont condamné l'exécution de l'un des deux otages japonais retenu par les terroristes de l'Etat islamique. Le gouvernement japonais a exigé la libération du deuxième otage, le journaliste Kenji Goto. Selon le centre américain spécialisé dans la surveillance en ligne des mouvements jihadistes, la vidéo a bien été diffusée par le groupe terroriste même si elle est différente de celles postées auparavant.

Kenji Goto, le journaliste toujours retenu par Daesh, le groupe terroriste qui revendique un Etat islamique, apparaît sur une vidéo de 3 minutes postée sur Youtube puis effacée du web. Une vidéo dont l'authenticité ne fait quasiment plus de doute. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a d'ailleurs jugé élevée la crédibilité du montage posté du internet.

Kenji Goto y apparaît avec un t-shirt orange. Il montre une photo de ce qui semble être le corps de l'autre otage japonais. L'image est accompagnée d'un enregistrement audio. Sur cette vidéo, le Japonais de 47 ans explique, en anglais, que l'autre otage, Haruna Yukawa, a été assassiné. Il ajoute que la demande de rançon initialement demandée n'a plus cours. Et il conclut que le groupe terroriste le relâchera en échange d'une certaine Sadjida al Richaoui, une militante irakienne des terroristes de Daesh. Cette jeune femme a été arrêté en 2005 alors qu'elle tentait de faire exploser la charge qu'elle portait sur elle dans un hôtel d'Amman, la capitale jordanienne.

Selon le centre américain spécialisé dans la surveillance en ligne des mouvements jihadistes, la vidéo a bien été diffusée par le groupe terroriste même si elle est différente de celles postées auparavant. C'est la première fois que les terroristes de l'Etat islamique revendiquent une exécution par une simple image au lieu des habituelles décapitations.

Le groupe terroriste État islamique a bel et bien confirmé à travers sa radio ce dimanche avoir exécuté l'otage japonais. "L'État islamique met sa menace à exécution (...), il a exécuté l'otage japonais Haruna Yukawa après l'expiration du délai donné au Japon", a annoncé la radio du groupe, Al-Bayan, sur sa chaîne sur YouTube.

Une exécution fermement condamnée dans le monde

"Un tel acte de terrorisme est ignoble et inadmissible, je le condamne avec la plus grande fermeté", s'est indigné Shinzo Abe.

Les responsables des principaux partis politiques japonais ont de même exprimé dimanche leur profonde indignation face à ce meurtre.

Shinzo Abe a exprimé ses condoléances à la famille de son compatriote assassiné, Haruna Yukawa (vraisemblablement enlevé en Syrie en août dernier), et de nouveau exigé que soit relâché sans délai l'otage restant, le journaliste Kenji Goto, probablement capturé par l'EI fin octobre.

"Nous allons continuer de combattre le terrorisme au côté de la communauté internationale", a assuré le Premier ministre japonais.

Barack Obama a déclaré que les Etats-Unis se tenaient "aux côtés de leur allié japonais et applaudissaient le dévouement du Japon pour la paix et pour le développement dans une région loin de ses frontières".

"Nous continuerons à travailler ensemble pour traduire ces meurtriers en justice et continuerons à mener des actions pour affaiblir et au final éliminer l'EI", a-t-il conclu.

Le Premier ministre britannique David Cameron a de son côté estimé que "le meurtre brutal présumé de Haruna Yukawa et les autres menaces faites par l'EI rappellent une nouvelle fois la barbarie meurtrière de ces terroristes".

Le président français François Hollande a condamné dimanche "l'assassinat barbare" d'un otage japonais. Il a également salué "l'engagement déterminé du Japon dans la lutte contre le terrorisme international et son rôle actif en faveur de la paix au Moyen-Orient".

Bien que des doutes ait été initialement exprimés sur l'authenticité de la vidéo mise en ligne pour annoncer la mort de Haruna Yukawa, le Premier ministre Abe a jugé qu'elle était hautement crédible.

"Nous avons examiné attentivement ces images et des analyses se poursuivent, mais nous ne pouvons hélas que penser que leur crédibilité est élevée", a dit Shinzo Abe dimanche matin.

"Nous continuons de vérifier", a insisté ensuite le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d'un point de presse.

Les déclarations antérieures du président américain et du Premier ministre britannique semblent indiquer que leurs services de renseignement ont authentifié ce document attribué aux jihadistes.

Déterminé à ne pas céder

Ce nouveau développement est intervenu moins de deux jours après l'expiration de l'ultimatum de 72 heures posé mardi dernier par les islamistes de l'EI qui menaçaient d'exécuter les deux Japonais à moins de recevoir une rançon de 200 millions de dollars.

Le gouvernement japonais, qui subit aussi la pression des dirigeants étrangers pour ne rien lâcher, a sans cesse réaffirmé sa détermination à "ne pas céder aux menaces terroristes", ainsi que son engagement à le combattre, avec d'autres pays, même si le Japon ne peut fournir que des soutiens non militaires à la communauté internationale, du fait de l'interdiction constitutionnelle de passer à l'offensive.

"Notre position n'a pas changé", a redit dimanche matin le porte-parole du gouvernement.

La priorité du gouvernement Abe est désormais de sauver Kenji Goto, de "tout faire pour qu'il soit relâché au plus vite", en sollicitant "l'aide d'autres pays, à commencer par la Jordanie" où est détenue une personne dont l'EI a réclamé la libération dans la nouvelle vidéo.

"Le gouvernement de Jordanie est aussi dans une situation délicate" vis-à-vis de l'EI, a souligné un expert de la chaîne publique NHK, ajoutant que "la manière dont il agira sera cruciale".

Les spécialistes de l'islam et médias insistent aussi sur le rôle clef que pourrait aussi jouer la Turquie.

RTBF avec l'AFP

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