Evincé de Galileo après le Brexit, Londres rachète la constellation OneWeb pour disposer d'un GPS plus précis

Image satellite prise le 22 mai 2020
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Image satellite prise le 22 mai 2020 - © AFP

Le Royaume-Uni post-Brexit n’entend pas rester isolé sur ses îles, mais compte bien tenir son rang dans l’espace. Le gouvernement britannique a annoncé une prise de participation qui ne passe pas inaperçu dans le monde de l’industrie spatiale : il achète 45 % de OneWeb, une société américaine qui développe un réseau de satellites en orbite basse, tandis que Bharti Global, un groupe indien qui contrôle, notamment, le troisième fournisseur de téléphonie mobile au monde, prend également 45 %. Les 10 % restants demeurent aux mains des créditeurs actuels de OneWeb.

La transaction qui s’élève à plus de 1 milliard de dollars (900 millions d’euros), le Royaume-Uni investissant plus de 500 millions, devrait être bouclée d'ici la fin de l'année. Avant cela, elle doit encore être approuvée par les autorités juridiques américaines, OneWeb étant sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, depuis mars, victime de la crise du coronavirus. 

Un moyen de compenser la perte d’accès au GPS

OneWeb est une entreprise qui développe un réseau de satellites en basse orbite (à 1 200 kilomètres de la Terre), afin de servir de fournisseur d’Internet à haut débit partout dans le monde, notamment dans les zones reculées. La société possède déjà 74 satellites en orbite. Son principal concurrent est Starlink, une entreprise dirigée par Elon Musk, qui compte déjà quelque 300 satellites en orbite et ambitionne d'en lancer jusqu'à 42.000.

Outre l'internet à haut débit, le réseau de Oneweb, même s'il n'est pas fait pour le GPS, devrait permettre à Londres de trouver les moyens de compenser la perte d'accès au système européen de navigation Galileo après le Brexit.

Avec sa participation dans la société, le gouvernement britannique annonce qu’il a pour ambition de faire du Royaume-Uni un acteur mondial de l'industrie spatiale. "L'opération va contribuer à faire du Royaume-Uni un pionner dans la recherche, le développement, la fabrication et l'exploitation de nouvelles technologies pour les satellites", a déclaré un porte-parole de Downing Street.

La presse britannique voit dans l'intérêt du Royaume-Uni pour Oneweb la main de Dominic Cummings, conseiller du Premier ministre Boris Johnson et fasciné de longue date par l'industrie spatiale.

Conseil national de l'espace

Cette offre sur Oneweb fait suite à la création du Conseil national de l'espace (National Space Council) au Royaume-Uni, présidé par le ministre des Finances Rishi Sunak et censé veiller aux intérêts du pays en termes de sécurité nationale.

Le Royaume-Uni va investir de l'argent public dans ce projet, au moment où il dépense sans compter pour amortir le choc économique de la pandémie, mais en rechignant à injecter des fonds dans des entreprises pour assurer leur survie.

Concurrence sur le marché des constellations de satellites

Dans un communiqué, Oneweb a estimé que cette reprise va lui permettre de sortir du régime des faillites avec "de solides fondations". "Oneweb va contribuer à l'ambition du gouvernement britannique de rejoindre le premier rang des nations spatiales", selon la société.

Le Royaume-Uni entend se faire une place sur le marché des constellations de satellites qui suscitent de nombreux appétits.

Le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton a expliqué cette semaine dans un entretien au Figaro que l'Union européenne devrait disposer de sa propre constellation pour fournir de l'internet à haut débit.

Mais l'Europe ne s'est toutefois pas positionnée pour reprendre Oneweb, jugeant que l'opérateur ne répondait pas à ses ambitions.

Sa reprise sera une bonne nouvelle pour Arianespace qui devait encore effectuer 18 lancements pour déployer ces satellites, notamment à l'occasion du vol inaugural de la future fusée Ariane 6.


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