Européennes 2019 : Lettonie, Malte et Slovaquie, championne de l’abstention, entrent dans la danse

Le scrutin est pluriel chez nous : fédéral, régional, communautaire et européen. L’élection des eurodéputés a déjà débuté jeudi dernier. Quatre pays ont déjà voté : le Royaume-Uni, l’Irlande, les pays bas et la Tchéquie. Aujourd’hui, c’est au tour de la Lettonie, de Malte et de la Slovaquie et demain, dimanche, les 21 autres pays de l’union se prononceront à leur tour.

Avec cette fois les poids lourds de l’Europe, comme l’Italie, la France, l’Allemagne et l’Espagne. L’enjeu de ces élections qui visent à renouveler complètement les institutions européennes d’ici la fin de l’année, C’est le poids des eurosceptiques.

Sur les 751 eurodéputés, un nombre qui devrait être ramené à 705 après le départ effectif du Royaume-Uni, la population de Malte doit en choisir 6, celle de Lettonie 8 et celle de Slovaquie 14, un de plus par rapport au pré-Brexit. En comparaison, la Belgique élit 21 eurodéputés. Particularité de Malte dans le paysage européen : on peut y voter dès l’âge de 16 ans, alors que la très large majorité des Etats membres établit l’âge minimum à 18 ans.

Les pro-européens seraient en bonne place aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas et en Irlande, d’après les sondages à la sortie des urnes, ce sont les partis europhiles, proeuropéens, qui l’ont emporté. Le parti populiste anti-islam de Geert Wilders ne remporterait que 3 des 26 sièges dévolus aux Pays-Bas beaucoup moins qu’escompté. Les travaillistes de Frans Timmermans remporteraient pour leur part 18% des suffrages. Une divine surprise pour Frans Timmermans qui ambitionne de remplacer Jean-Claude Juncker a la tête de la Commission.

En Slovaquie, au moins un député d’extrême droite devrait parvenir à se frayer un chemin jusqu’au Parlement européen, analysent les observateurs. Il pourrait provenir du LSNS, le « Parti populaire-Notre Slovaquie », qui a mené campagne contre l’immigration, les musulmans, les étrangers, semant la crainte d’une disparition des valeurs traditionnelles chrétiennes. Son leader Marian Kotleba mène campagne avec conviction et sans se préoccuper de la véracité de ses arguments, et l’abstention pourrait jouer en faveur de son parti d’extrême-droite, qualifié par les médias locaux et européens de néonazi ou néofasciste. L’uniforme que l’homme politique, dont un précédent mouvement avait été dissous par la Cour suprême, arbore parfois, renforce encore les références à ces pages sombres de l’histoire européenne.

En République tchèque, seul pays où le scrutin est étalé sur deux jours, les bureaux de vote ont rouvert samedi à 08h00. Le mouvement populiste ANO du Premier ministre tchèque, le milliardaire Andrej Babis, part favori malgré une vague de protestations antigouvernementales. Inculpé pour fraude présumée aux subventions européennes, M. Babis, 64 ans, fait également l’objet d’une enquête de l’UE sur un possible conflit d’intérêts entre ses activités politiques et ses affaires. Toutefois, ANO remporterait les élections européennes avec plus de 25% des voix devant le parti de droite ODS et le Parti pirate (14% chacun), selon un sondage de l’institut Median auprès plus de 2100 personnes.

Et demain soir…

Dimanche, on s’attend à découvrir un paysage politique beaucoup plus méfiant et distant à l’égard des institutions européennes. En Hongrie, par exemple, le Premier ministre Victor Orban est en guerre ouverte avec l’Europe. Son parti, le Fidesz, qui compte la moitié des eurodéputés, a été exclu du Parti populaire européen, le grand parti de droite du parlement. Et Victor Orban fait l’objet d’une demande de sanctions du parlement européen qui lui reproche de museler les médias, la Justice et les universités.

La Pologne, la république tchèque ou la Roumanie sont toutes gouvernées par des partis eurosceptiques. En Italie, le gouvernement populiste s’est vivement opposé à la plupart de ses partenaires européens en fermant ses côtes aux migrants.

En France, on rejoue en quelque sorte les élections présidentielles d’il y a 2 ans, avec un bras de fer entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, via leurs candidats. Le Front national, rebaptisé « Rassemblement National » appuie l’essentiel de son programme sur un discours anti-migrants.

 

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