Euro: Guy Verhofstadt est déçu par les propositions de Paris et Berlin

Guy Verhofstadt
Guy Verhofstadt - © EPA/OLIVIER HOSLET

Le chef de file des députés libéraux européens, l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, s'est déclaré mercredi déçu par les mesures proposées par la France et l'Allemagne pour améliorer la gouvernance de la zone euro et a suggéré de confier cette tâche à la Commission européenne.

Les propositions formulées mardi par le président français et la chancelière allemande Angela Merkel, ne visent "absolument pas à créer un gouvernement économique" pour la zone euro, a-t-il affirmé à la VRT-radio, soulignant qu'elles revenaient à "jeter de la poudre aux yeux".

"Bien que j'accueille favorablement la déclaration commune en faveur d'un gouvernement économique, je ne vois pas vraiment comment un conseil des chefs d'Etat et de gouvernement se réunissant tous les six mois peut l'assurer", a-t-il précisé dans un communiqué.

Les dirigeants français et allemand ont proposé que ce nouveau gouvernement économique, qui sera nommé pour deux ans et demi et se réunira deux fois par an, soit dirigé par l'actuel président du Conseil européen, l'ancien Premier ministre belge Herman Van Rompuy.

"C'est six fois moins (de réunions) que leurs collègues de l'Eurogroupe (qui rassemble les ministres des Finances des dix-sept pays de la zone euro)", a fait observer Guy Verhofstadt, plaidant pour que la gouvernance économique de la zone euro soit assurée par la création d'un "cabinet restreint" au sein de la Commission regroupant les commissaires responsables pour la zone euro et dirigé par l'actuel titulaire du portefeuille des affaires économiques, le Finlandais Olli Rehn.

"Il devrait aussi présider l'Eurogroupe" - une fonction actuellement assurée par le Premier ministre luxembourgeois et ministre des Finances, Jean-Claude Juncker -, a ajouté Guy Verhofstadt, regrettant que la Commission soit mise hors jeu.

Le président de celle-ci, José Manuel Barroso, avait toutefois salué dès mardi les décisions "importantes", prises au sommet à Paris entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sur la gouvernance de la zone euro.

Les propositions du président français et de la chancelière allemande "représentent une contribution politique importante de la part des deux plus grandes économies de cette zone", affirme José Manuel Barroso dans un communiqué commun avec M. Rehn.

"Une monnaie commune implique des responsabilités communes et requiert une coordination plus étroite des politiques économiques", indiquent les deux responsables européens.

Ils approuvent en particulier la proposition de former un gouvernement économique de la zone euro : "Un format et une fréquence régulière des sommets de la zone euro, avec un président permanent, contribuent à un leadership politique stable et plus fort", estiment-ils.

Guy Verhofstadt a par ailleurs réitéré son plaidoyer en faveur d'euro-obligations qui remplaceraient les bons du Trésor émis par chaque Etat - une mesure préconisée par plusieurs autres pays et par la Commission européenne pour apaiser les marchés mais rejetée par Paris et Berlin.

"Cette euro-crise ne peut être résolue à moins que nous prenions des mesures pour introduire de telles euro-obligations", a dit l'eurodéputé libéral à la VRT-radio.


Belga

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