Etats-Unis : Le pays est sous tension mais le calme règne

A l’approche de l’investiture de Joe Biden, ce mercredi, la tension monte aux Etats-Unis. Plus de 25.000 soldats de la Garde Nationale ont commencé à affluer dans tout le pays. Sur place, on craint que les partisans de Donald Trump ne manifestent violemment aujourd’hui. Barricades, barbelés et hommes armés prolifèrent dans les grandes villes américaines.

Cette crainte de manifestation fait suite aux événements du 6 janvier, lorsque le Capitole a été envahi par des manifestants pro-Trump. Mais aussi à l’appel des membres du mouvement de l’extrême droite radicale américaine "Boogaloo". D’après un post sur un site internet appelé Tree of Liberty, ils prévoient depuis le 24 novembre une marche armée dans tous les Capitoles du pays, le 17 janvier.

Tout est sous contrôle

Pour l’instant, la situation est calme. Quelques groupes de manifestants se réunissent devant les différents capitoles du pays. Au Michigan, un petit groupe de contestataires armés se forme. D’après un des manifestants, ce rassemblement était prévu depuis très longtemps, bien avant les événements du 6 janvier. Des tracts ont été distribués annonçant un acte pacifique, un évènement pour promouvoir l’unité. 

D’après un manifestant, "Nous avons préparé cette réunion depuis bien plus longtemps que le 6 janvier. Le 6 a tout changé pour nous. Il nous a fait vraiment peur à propos de notre venue ici. Vous avez vu ces clôtures ? Ils étaient vraiment inquiets ! Le FBI est venu à mon travail, il y a 3 jours, pour me parler de ma venue ici. Ça a tout changé. Nous venions ici pour l’unité. Nous espérions réunir tous les mouvements pour avoir une conversation. On ne doit pas appeler ça un combat à chaque fois que nous sortons. Nous pouvons simplement parler."

 

Ces manifestants essaient de prouver qu'ils peuvent organiser un acte pacifique. L'un d'entre eux dénonce le système mis en place : "Je crois que nous n'avons pas eu d'élection équitable depuis très longtemps. Je ne parle pas seulement de celle-ci. Je pense aussi à celle d'avant et celle d'encore avant. Nous n'avons pas eu droit à des élections équitables depuis que des lobby injectent des fonds dans nos partis politiques."

Les Etats sur le qui-vive

Les capitales des 50 Etats se préparent en vue de ces possibles manifestations. Des barrières sont érigées autour de bâtiments publics et les renforts militaires sont déployés. L’objectif principal : éviter des violences similaires à celles du Capitole le 6 janvier. Plusieurs Etats, dont le Michigan, la Virginie, le Wisconsin et la Pennsylvanie ont fait appel à la garde nationale, une force militaire de réserve.

Le Texas a annoncé que son Capitole resterait fermé mercredi, le jour de la prestation de serment de Joe Biden. Le directeur de la sûreté publique du Texas, Steve McCraw, a évoqué le risque de voir des "extrémistes violents" mettre à profit les manifestations prévues ce Week-end dans la capitale, Austin, pour commettre des actes criminels.


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Alors qu’en Virginie, un représentant démocrate, Don Beyer, a appelé les habitants de son état à éviter le Centre-Ville en raison de risque de violences. "Tous ceux qui peuvent éviter le secteur du Capitole cette semaine doivent le faire", partage-t-il sur Twitter.

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Dans le Minnesota, les membres de la garde nationale protègent leur capitole, à Saint Paul. © AFP

Washington en alerte

Depuis hier, Washington est complètement bouclé. Des milliers de gardes nationaux ont été déployés dans les rues. Des ponts menant à la ville ont été fermés et l’accès à plusieurs lieux touristique a été interdit. Les bâtiments publics ont été entourés de lourdes barricades. Beaucoup de magasins sont fermés, d'ailleurs certains ont recouvert leurs vitrines de plaques de bois. Le cœur de Washington est à l'arrêt. Des blocs de bétons et camions militaires empêchent la circulation dans une zone très large comprenant le Capitole et le National Mall. Il faut montrer des badges et accréditation pour pouvoir circuler. L'objectif est d'empêcher qu'un scénario comme celui du 6 janvier ne se reproduise.

Des démarches à double tranchant qui rassurent et inquiètent les habitants de la ville. Jeremy Meheta, 29 ans : "Je suis content de voir la présence des forces de l’ordre. Mais dans un coin de votre tête, vous savez pourquoi ils sont là. Et c’est un peu stressant, et c’est décevant que la ville ait été toute retournée à cause de ce qui s’est passé la semaine dernière."

Vendredi, un homme originaire de Virginie, Wesley Allen Beeler, armé d’un pistolet chargé de 500 balles a été arrêté à Washington en possession d’une fausse accréditation pour la cérémonie d’inauguration. Il essayait de passer un des nombreux points de contrôle près du Capitole, où Joe Biden prêtera serment dans quelques jours.


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Le 6 janvier n’était pas un succès

Les violences du 6 janvier au Capitole ont traumatisé une partie de l’Amérique, mais aussi galvanisé certains partisans. L’idée selon laquelle cette journée marquait un succès pourrait inciter d’autres extrémistes américains, motivés par des sentiments anti-gouvernementaux, racistes et militants, à participer à des violences selon un document des renseignements américains publié mercredi. D’après celui-ci, des "discours fallacieux" concernant une fraude électorale supposée pourraient servir de catalyseur pour des groupes extrémistes.

Le FBI a prévenu tous les services de police de se préparer à la présence de manifestants potentiellement armés des partisans de Donald Trump. Ceux-ci seraient convaincus par les accusations de fraude massive répétées sans preuves par le président sortant.

 

Extrait du JT de 19H30 du 17 janvier 2021 :

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