Etats-Unis : comment la presse américaine est devenue la cible des pro-Trump

Des personnes se tiennent autour de l'équipement d'Associated Press détruit par les partisans de Trump devant le Capitole américain à Washington DC le 6 janvier 2021.
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Des personnes se tiennent autour de l'équipement d'Associated Press détruit par les partisans de Trump devant le Capitole américain à Washington DC le 6 janvier 2021. - © CAMILLE CAMDESSUS - AFP

Ces images ont fait le tour du monde : les caméras d’Associated Press, une agence de presse américaine, piétinées par les partisans de Donald Trump le 6 janvier devant le Capitole.

Je me suis senti menacé

Mercredi dernier, Nathan King couvre les événements et doit assurer l’antenne pour CGTN América. Très vite, il comprend que ce ne sera pas possible.

" Les supporters de Trump étaient vraiment fâchés. Juste avant mon direct à 16h, j’ai regardé un des producteurs d’AP et j’ai dit : 'ça sent mauvais. Il faut partir d’ici.'", se souvient Nathan King.

Ces violences, il y pense encore aujourd’hui :" J’étais en Egypte pour la révolution. J’ai couvert la Libye, le Darfour… Mercredi, c’était similaire à ce que j’ai vécu là-bas. En Egypte, ils sont venus sur notre terrasse pour détruire notre matériel. Ils nous en voulaient vraiment. Mais ici, je me suis senti menacé. Oui, j’étais menacé. ", explique le journaliste.

La presse : cible privilégiée de Donald Trump

Les attaques envers la presse ont ponctué la présidence de Donald Trump. Jérôme Cartillier est le seul journaliste étranger à disposer d’un bureau à la Maison Blanche. Ce correspondant permanent pour l’Agence France-Presse et, auteur du livre "Amérique. Années Trump.", a observé ce phénomène pendant quatre ans :

"Donald Trump raffole de médias, des contacts avec eux. Il aime twitter, bien sûr. Mais, il aime aussi être présent partout à la télévision, dans les journaux, à la radio. Il aime cette omniprésence. Et, en même temps publiquement, il attaque toute la journée ce qu’il appelle 'les fake news'. Il y a un vrai paradoxe.", note Jérôme Cartillier.

Selon Célia Belin, chercheuse à la Brookings Institution, auteur du livre "Des Démocrates en Amérique", certains médias ont participé à la construction politique de l’image du président sortant :

" Tout ça, a participé en réalité à renforcer Donald Trump auprès de sa base politique. Elle a bien vu qu’il était mal aimé des élites. Les médias sont tombés dans le camp des élites, des élites politiques, des élites médiatiques qui uniformément se prononçaient contre Donald Trump. Et, le président a donc pu lui jouer sur l’aspect 'anti-système' ", analyse Célia Belin.

Un discours plus radical depuis la victoire de Biden

Selon Jérôme Cartillier, correspondant permanent à la Maison Blanche pour AFP, Donald Trump a radicalisé son discours vis-à-vis des journalistes depuis les élections présidentielles de novembre dernier :

"On voit bien qu’il a basculé dans autre chose. Une communication plus agressive, qui a mené aux événements extrêmement violents du Capitole.", explique Jérôme Cartillier.

En insultant certains journalistes et certains organes de presse pendant toute la durée de son mandat, le président Donald Trump les aura discrédités auprès de ses supporters avec un objectif en tête : imposer son point de vue et ses nombreux mensonges sans contestation

Insurrection à Washington : (JT 07/01/2021)

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