Espagne: Vox, le parti d'extrême droite qui espère créer la surprise lors des législatives

Marginal jusqu'à son irruption récente lors d'élections régionales dans le sud de l'Espagne, le parti d'extrême droite Vox espère entrer en force au parlement national ce dimanche en tirant profit de la colère des électeurs.

Il y a moins de six mois, l'Espagne était l'un des rares pays européens où l'extrême droite était absente du paysage. Mais tout a changé depuis le séisme provoqué par Vox en décembre en Andalousie.


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Obtenant 12 députés régionaux, la formation ultra-nationaliste a permis aux conservateurs du Parti populaire (PP) et aux libéraux de Ciudadanos de prendre le pouvoir dans ce fief socialiste. Et Vox espère désormais rééditer cette performance au niveau national.

"Vox a réussi à réveiller l'espoir de nombreuses personnes qui (...) ne se sentaient pas représentées", a déclaré mercredi son leader Santiago Abascal, ancien militant du PP au Pays basque. "Une Espagne silencieuse" qui va, selon lui, "renverser" la situation dimanche.

Se méfiant des médias traditionnels, Vox a choisi de faire campagne massivement sur les réseaux sociaux, s'inspirant de la stratégie des présidents américain Donald Trump et brésilien Jair Bolsonaro.

Vox veut recentraliser l'Espagne

Les sondages créditent Vox de plus de 10% des voix et d'une trentaine de sièges sur 350. Évoquée pendant plusieurs mois par des sondages, une majorité PP-Ciudadanos-Vox au niveau national semble finalement improbable, selon les dernières enquêtes.

Fondé en 2013, Vox a prospéré sur sa virulence à l'égard des indépendantistes catalans qui ont tenté en octobre 2017 de faire sécession.

"Vox est une réponse à ce qui faisait tant rire une grande partie des Espagnols avant la rébellion catalane: que l'Espagne se brise", souligne John Müller, coordinateur du livre "La surprise Vox".

Prônant l'interdiction des partis séparatistes, Vox veut recentraliser l'Espagne et chasser du pouvoir le socialiste Pedro Sanchez, qualifié d'"ennemi de l'Espagne" pour s'être hissé à la tête du gouvernement en juin grâce aux voix de la gauche radicale et des séparatistes catalans.

Avec la bénédiction de Steve Bannon, l'ancien conseiller de Donald Trump, le parti tient aussi un discours très dur sur l'immigration, l'islam ou les féministes et a rompu le consensus autour de la loi contre les violences sexistes en affirmant qu'elle "criminalise" les hommes.

Vox, qui compte parmi ses candidats des généraux à la retraite défenseurs du franquisme, s'oppose également au mariage homosexuel, à l'euthanasie ou à l'avortement.

Pour Jorge del Palacio, professeur d'histoire des idées politiques à l'université Rey Juan Carlos de Madrid, Vox "est capable de capitaliser (sur la colère des gens) parce que la crise est identitaire" quand Podemos avait été capable de le faire lors des élections de 2015 et 2016 car "la crise était économique".

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