Espagne: six dirigeants indépendantistes incarcérés vont être transférés en Catalogne

Au côté du roi Felipe VI (G), le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez (C) et le président indépendantiste catalan Quim Torra (D) lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux méditerranéens à Tarragone, le 22 juin 2018
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Au côté du roi Felipe VI (G), le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez (C) et le président indépendantiste catalan Quim Torra (D) lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux méditerranéens à Tarragone, le 22 juin 2018 - © LLUIS GENE

Six des neuf dirigeants indépendantistes catalans emprisonnés pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne vont être transférés dans des prisons de la région, signe de la volonté du nouveau gouvernement espagnol d'apaiser les tensions.

"Il est prévu que les six personnes poursuivies entrent entre mercredi et jeudi dans des centres pénitentiaires dépendant des services pénitentiaires de la Généralité de Catalogne", a indiqué lundi le ministère de l'Intérieur dans un communiqué, sans donner les noms des indépendantistes concernés.

Mais selon les médias espagnols, l'ex-vice-président catalan Oriol Junqueras et les dirigeants d'associations indépendantistes Jordi Sanchez et Jordi Cuixart ainsi que l'ex-présidente du parlement régional Carme Forcadell figurent parmi ces six.

Poursuivis pour rébellion pour leur rôle dans la proclamation d'indépendance du 27 octobre dernier, un chef d'accusation passible de 25 ans de prison, les neuf indépendantistes emprisonnés sont en détention provisoire depuis plusieurs mois dans des prisons, près de Madrid pour pouvoir être entendus par le juge.

Ce transfert leur permettra d'être plus proches de leurs familles alors que Barcelone est à environ 600 kilomètres de la capitale espagnole.

"Les trois autres inculpés en détention provisoire seront transférés plus tard, les procédures les concernant n'étant pas terminées étant donné que la demande en a été faite plus tard", a poursuivi le ministère.

Pour les indépendantistes, toujours au pouvoir en Catalogne, ces prisonniers sont des "prisonniers politiques". Pour la Cour suprême qui les poursuit et le gouvernement central, ils ont simplement violé la loi.

Le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, au pouvoir depuis un mois après avoir renversé son prédécesseur conservateur Mariano Rajoy, avait plusieurs fois annoncé son intention de faire ce geste au nom de "l'apaisement" en Catalogne.

Le gouvernement de l'indépendantiste Carles Puigdemont, qui a organisé le 1er octobre 2017 un référendum d'autodétermination interdit provoquant la plus grave crise politique qu'a connu l'Espagne en 40 ans de démocratie, avait été destitué le 27 octobre après le vote d'une déclaration d'indépendance au parlement régional.

Comme d'autres séparatistes poursuivis par la justice, M. Puigdemont avait lui quitté l'Espagne. Il attend désormais en Allemagne que la justice allemande se prononce sur son extradition.

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