Espagne: les victimes de l'ETA manifestent pour la "justice" à Madrid

Les victimes de l'ETA entourées de milliers de manifestants pour réclamer "justice" après l'arrêt des juges de Strasbourg qui pourrait entraîner la libération de dizaines de militants du groupe armé basque, en Espagne
Les victimes de l'ETA entourées de milliers de manifestants pour réclamer "justice" après l'arrêt des juges de Strasbourg qui pourrait entraîner la libération de dizaines de militants du groupe armé basque, en Espagne - © DANI POZO

Des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Madrid, à l'appel des victimes de l'ETA, soutenues par le parti de droite au pouvoir en Espagne, pour réclamer "justice" après l'arrêt des juges de Strasbourg qui pourrait entraîner la libération de dizaines de militants du groupe armé basque.

A l'appel de l'Association des victimes du terrorisme (AVT) et du Parti populaire du chef du gouvernement Mariano Rajoy, la foule a convergé sur la grande esplanade de la place Colon, dans le centre de la capitale.

De nombreux manifestants portaient le drapeau espagnol rouge et or, symbole de l'unité du pays, tandis que résonnait l'hymne national, accueilli par des applaudissements.

Les associations de victimes de l'ETA dénoncent l'arrêt rendu le 21 octobre par la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg, qui a permis la remise en liberté d'Ines Del Rio Prada, une militante du groupe séparatiste condamnée à 3828 ans de prison.

Les juges ont estimé "illégale" la prolongation depuis 2008 de sa détention, rendue possible par l'application de la "doctrine Parot", un système de remise de peine en vigueur depuis 2006 en Espagne, défavorable aux détenus sous le coup de condamnations multiples. Si ce jugement fait jurisprudence, la justice espagnole pourrait être contrainte de libérer des dizaines de détenus de l'ETA.

Dans un pays où le souvenir des violences reste très vif, le dernier attentat du groupe armé remontant à 2009, l'arrêt des juges européens a créé une vive polémique. Pressé de réagir par les associations de victimes, qui constituent un puissant lobby conservateur, Mariano Rajoy a qualifié "d'injuste" la décision, tandis que son parti rejoignait l'appel à manifester.

Belga

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