Espagne: les "Escraches? Du pur nazisme" pour la patronne du parti au pouvoir

Espagne: les "Escraches? Du pur nazisme" pour la patronne du parti au pouvoir
Espagne: les "Escraches? Du pur nazisme" pour la patronne du parti au pouvoir - © AFP PHOTO / CRISTINA QUICLER

La secrétaire générale du parti conservateur espagnol Partido Popular (PP), du chef du gouvernement Mariano Rajoy, a qualifié samedi les "escraches" de "pure nazisme", alors que ce types d'actions de protestation se multiplient dans le pays. Il s'agit d'actions populaires ciblées vers les responsables du gouvernement pour obtenir le vote d'une loi contre les explulsions.

"Les harcèlements, la violence physique et verbale, les attaques contre des personnes, à leurs domiciles et leurs familles ne font que refléter un esprit totalitaire et sectaire. C'est tout le contraire de la démocratie", a affirmé samedi la numéro 2 du PP, Maria Dolores Cospedal, lors d'une réunion du parti.

Inspirés par les "escraches" lancées en Argentine au milieu des années 1990 pour dénoncer la répression exercée par la dictature, cette nouvelle forme controversée de protestation se multiplie en Espagne. De petits groupes de manifestants se réunissent depuis plusieurs semaines devant les bureaux et domiciles des personnalités politiques du PP pour leur demander de voter en faveur d'une proposition de loi populaire (ILP) contre les expulsions, comportant 1,4 million de signatures.

"Quelle est cette façon d'essayer d'obtenir un vote par la violence? C'est du nazisme pur", a affirmé Mme Cospedal. Elle a assuré que lors des années précédant la guerre civile espagnole (1936-1939) des militants de gauche et de droite "allaient manifester devant les maisons de certaines personnes pour dénoncer leur appartenance à des groupes précis et ils disaient 'ils sont là, vous devez aller les attaquer'".

"Un attentat conte l'intimité"

Exaspéré par la multiplication des "escraches", considérés comme "un attentat conte l'intimité", le gouvernement de Mariano Rajoy a donné des instructions cette semaine à la police pour qu'elle maintienne ces manifestants à "une distance respectable" du domicile des représentants politiques.

La décision a été qualifiée d'illégale par l'opposition socialiste parce qu'elle limite, selon elle, d'une manière générale le droit à manifester.

Dans un pays avec plus de 26% de chômage parmi la population active et en pleine récession, des milliers de familles sont expulsées chaque année de leurs logements parce qu'elles ne peuvent pas rembourser les crédits hypothécaires, un drame de plus en plus préoccupant en Espagne qui a conduit à plusieurs suicides de petits propriétaires et à un profond mécontentement social.

La proposition de loi populaire (ILP) demande une révision des textes sur le crédit hypothécaire, incluant l'extinction de la dette avec la saisie du bien, un moratoire sur les expulsions du domicile principal et la transformation en logements sociaux de toutes les habitations vides appartenant à des banques.

Ju. Vl. avec Belga

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