Espagne : le Parlement rejette une demande de commission d'enquête sur Juan Carlos

Espagne : le Parlement rejette une demande de commission d’enquête sur Juan Carlos
Espagne : le Parlement rejette une demande de commission d’enquête sur Juan Carlos - © OSCAR DEL POZO - AFP

La chambre des députés espagnols a refusé mercredi d’ouvrir une enquête parlementaire sur l’ex-roi Juan Carlos pour l’utilisation présumée de cartes de crédit suspectes, un sujet qui divise la coalition de gauche au pouvoir.

L’ancien souverain, exilé depuis août à Abou Dhabi, est soupçonné d’avoir fait usage de cartes de crédits liées à des comptes bancaires qui ne sont pas à son nom, entre autres révélations sur sa présumée fortune opaque.

Cette demande d’enquête parlementaire a été rejetée par l’organe exécutif de la Chambre - chargé de trancher sur les thèmes à débattre dans l’hémicycle – , où seul le parti radical de gauche Podemos, allié des socialistes de Pedro Sanchez au sein du gouvernement, a voté en faveur de la mesure.

En revanche, pour la première fois, le service juridique du Parlement a donné son aval à une telle enquête. Jusqu’à présent, il s’y était opposé au nom de l’immunité de celui qui fut chef de l’Etat espagnol de 1975 à 2014.

Le rejet de la demande d’enquête parlementaire n’est justifié par "aucun argument juridique puisque le service juridique du parlement nous donne raison. Notre initiative est 100% constitutionnelle", a réagi sur Twitter Pablo Echenique, président du groupe parlementaire de Podemos, une formation ouvertement républicaine.

Dans une démocratie solide, sérieuse, il n’est pas bon que les institutions soient remises en question

De son côté, la ministre de la Défense socialiste Margarita Robles a salué le refus de la chambre des députés d’ouvrir une enquête, jugeant que la demande n’était "pas appropriée".

Une telle enquête "pourrait remettre en question nos institutions. Et dans une démocratie solide, sérieuse, il n’est pas bon que les institutions soient remises en question", a-t-elle expliqué, sur la radio Onda Cero.

L’année dernière, de nombreuses autres demandes de commissions d’enquête sur la fortune de Juan Carlos avaient été rejetées, grâce au vote des socialistes et de la droite.

Les faits liés à l’usage de ces cartes de crédit ayant eu lieu après l’abdication de Juan Carlos en 2014, ils peuvent faire l’objet de poursuites pour blanchiment.

 

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