Espagne : l'ETA réaffirme son engagement dans la voie des armes

Le groupe séparatiste armé basque ETA a réaffirmé dans la nuit de samedi à dimanche son engagement dans la lutte armée pour l'indépendance du Pays Basque, dans un communiqué transmis au journal indépendantiste Gara.

L'ETA, considérée comme organisation terroriste par l'UE, va continuer d'agir "les armes à la main, tant que les ennemis du Pays Basque opteront pour la répression et le déni", a déclaré l'organisation.

Cette décision vient mettre un terme à un "processus de réflexion interne" à l'ETA alors que l'organisation a subi plusieurs revers policiers ces derniers mois, sans pour autant avoir été neutralisée.

L'ETA ajoute qu'elle est toutefois en faveur d'une solution politique au Pays Basque.

L'ETA a rédigé ce communiqué à l'occasion d'une fête basque, le "jour du soldat basque", dimanche.

Cette fête a donné lieu samedi à un malentendu lorsqu'un autre journal indépendantiste, Berria, a affirmé avoir reçu un communiqué de l'ETA avant de se rétracter et de dire qu'il s'agissait d'un communiqué de la gauche indépendantiste.

De nombreux médias, dont l'AFP, avaient repris des citations du communiqué transmis à Berria attribuées à l'ETA par erreur.

Pour sa part, le quotidien El Pais fait état dimanche d'un récent document interne de l'ETA confirmant sa volonté de poursuivre ses attentats meurtriers pour forcer une "nouvelle négociation avec le gouvernement".

Ce document, émanant de l'entourage de l'ex-chef militaire de l'organisation Garikoitz Aspiazu, dit "Txeroki", estime que l'ETA avait abordé en 2006 la négociation avec le gouvernement socialiste en position de "faiblesse" armée, c'est à dire sans avoir tué dans un attentat depuis 3 ans.

Il reconnaît des divergences entre la ligne dure de "Txeroki", arrêté en France fin 2008, et la position plus modérée d'un autre leader de l'ETA, Josu Ternera, ce qui a entraîné des "erreurs stratégiques" dans la négociation avortée et une "intensification des doutes sur la lutte armée".

Par ailleurs, selon l'agence Vasco Press reprise dans les médias, citant des documents internes à l'organisation, l'ETA aurait perdu de 25.000 à 95.000 euros en investissant une partie de sa trésorerie en dollar, qui a été fortement dévalué par rapport à l'euro.

En juillet 2004, l'ETA disposait, entre autres devises, de 210.280 dollars. Fin 2004 ou début 2005, la direction a ordonné de les convertir en euros, mais les responsables des finances n'ont pas oser le faire pour des raisons de sécurité et l'opération a été retardée à fin 2007 ou début 2008, quand le dollar avait fortement baissé par rapport à l'euro.

L'ETA, qui a célébré cette année ses 50 ans d'existence, est tenue pour responsable de 828 morts en 41 ans d'attentats.

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