Espagne: en route vers un gouvernement PSOE-Podemos ?

Espagne : en route vers un gouvernement PSOE-Podemos?
Espagne : en route vers un gouvernement PSOE-Podemos? - © GABRIEL BOUYS - AFP

Les choses s’accélèrent en Espagne pour la formation d’un nouveau gouvernement après les élections législatives du 10 novembre dernier. Le socialiste Pedro Sanchez pourrait réaliser son pari avec un gouvernement de coalition entre les socialistes et les radicaux de gauche de Podemos. Un pari qu’il avait raté une première fois en avril dernier, l’obligeant à un retour aux urnes. Mais cette fois, les choses sont en meilleure voie, les députés espagnols sont convoqués à partir de ce samedi 4 janvier en séance plénière au Congrès. Les débats et les votes devraient se poursuivre les jours suivants.

Une coalition PSOE-Podemos pour un programme de gauche

Sorti vainqueur mais affaibli des élections législatives (les 4es en 4 ans), le parti socialiste (PSOE) a travaillé à un programme de gouvernement avec Podemos. Un programme qui a été officiellement présenté hier à Madrid par les deux leaders, Pedro Sanchez et Pablo Iglesias. Un programme marqué à gauche, avec notamment une hausse de l’impôt sur les gros revenus, y compris les revenus du capital, une hausse du Salaire minimum, une révision des lois sur le travail mises en place par la droite, un plan de lutte contre l’exode rural, ou encore la défense de la laïcité de l’Etat par exemple.

Mais ensemble les deux partis ne réunissent pas de majorité suffisante, avec seulement 155 sièges au Congrès sur 350, bien dessous de la majorité de 176 sièges. Pedro Sanchez a donc dû négocier des soutiens extérieurs. Celui notamment du PNV, le parti nationaliste basque, lui est acquis. Il doit aussi pouvoir compter sur les indépendantistes catalans de ERC (la gauche républicaine).

Un vote en deux temps

Un premier vote des députés sur la reconduction de M. Sanchez, lors duquel la majorité absolue est requise, aura lieu à l’issue des débats des 4 et 5 janvier. Mais le socialiste n’est pas en mesure de l’arracher. Il faudra donc attendre un deuxième dans la foulée, un deuxième tour qui, lui, ne requiert plus qu’une majorité de votes positifs, soit plus de votes favorables que défavorables, ce qu’il peut espérer obtenir avec l’abstention des députés indépendantistes catalans de ERC.

En attente d’une décision de ERC ce jeudi

La direction de ERC s’est dite favorable à l’abstention de ses 13 députés, ce qui ouvrirait la voie à la reconduction au pouvoir de M. Sanchez. Mais cette position doit encore être avalisée par son conseil national qui se réunit jeudi 2 janvier. Pedro Sanchez et ERC ont en effet scellé un accord, pour entamer des négociations sur la question catalane. Les conclusions sur lesquelles pourraient déboucher ces négociations pourraient être soumises à une consultation en Catalogne, comme le révèlent certains journaux. Tout cela doit encore recevoir l’aval des indépendantistes catalans de ERC, mais également des instances du PSOE, le 3 janvier, où l’idée d’une consultation uniquement en Catalogne ne semble pas du goût de tous les barons du parti.

Accord entre les socialistes du PSOE (Sanchez) et les Basques du PNV (Ortuzar), le 30 décembre 2019

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