Espagne: 1ère opération contre l'ETA depuis le cessez-le-feu

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La police espagnole a mené mardi la première opération contre la nébuleuse de l'ETA depuis l'annonce d'un cessez-le-feu "permanent" par le groupe basque armé, avec l'arrestation de dix personnes, a annoncé mardi le ministère de l'Intérieur.

Le gouvernement, qui avait jugé insuffisant ce cessez-le-feu, avait prévenu qu'il ne relâcherait pas la pression sur le groupe clandestin, tenu pour responsable de la mort de 829 personnes en plus de 40 ans de lutte armée pour l'indépendance basque.

Cette opération a été menée essentiellement en Navarre (nord), sur ordre du juge Fernando Grande-Marlaska de l'Audience nationale, le tribunal madrilène chargé des dossiers de terrorisme, selon un communiqué du ministère.

Six personnes ont été arrêtées à Pampelune, capitale de la Navarre, et dans d'autres localités de cette région voisine du Pays basque, et sont considérées comme "responsables de la structure d'Ekin en Navarre".

Ekin est décrit comme "le coeur d'ETA" par la justice espagnole pour qui cette organisation clandestine est chargée "d'appliquer la stratégie politique et militaire" de l'ETA et de son entourage politique et social.

Parmi les personnes interpellées, figure Iker Moreno Ibanez, fils de Txelui Moreno, ex-dirigeant de Batasuna (vitrine politique interdite de l'ETA) et actuel porte-parole de la "Gauche abertzale", le mouvement informel regroupant les militants de Batasuna.

L'opération est la suite de celle menée le 14 septembre contre la direction d'Ekin, qui avait débouché sur l'interpellation de neuf de ses membres présumés.

Quatre autres personnes ont été interpellées en relation avec Askatasuna, organisation de soutien aux prisonniers de l'ETA, interdite pour ses liens présumés avec le groupe armé.

Avec ces quatre interpellations, menées en Navarre et à Vitoria au Pays basque, la police juge avoir "démantelé la structure de propagande d'Askatasuna en Navarre".

Cette opération est le premier coup de filet contre l'entourage de l'ETA depuis que l'organisation a annoncé le 10 janvier un "cessez-le-feu permanent, général et vérifiable par la communauté internationale".

L'ETA avait indiqué dans son communiqué qu'il s'agissait là d'un "engagement ferme en faveur d'un processus de solution définitive et de la fin de la confrontation armée".

Mais le gouvernement espagnol a rejeté comme insuffisante cette nouvelle annonce, réclamant un abandon définitif et sans condition de la lutte armée.

Le ministre de la Justice, Francisco Caamano, a souligné mardi que la dernière opération policière illustrait le fait qu'il n'y avait pas de changement en matière de "politique antiterroriste".

"Nous allons continuer à travailler (contre l'ETA) comme cela a été été cas jusqu'à présent", a-t-il estimé.

Entre 2008 et 2010, des coup répétés ont été portés contre l'ETA grâce à une coopération policière entre la France et l'Espagne, et six de ses chefs successifs ont été arrêtés, essentiellement en France, sa base de repli traditionnelle.

En 2010, 113 membres présumés de l'ETA ou de sa mouvance ont été arrêtés, dont 82 en Espagne et 22 en France, selon le ministère espagnol de l'Intérieur.


AFP

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