Guatemala: 73 morts et 192 disparus après l'éruption du Volcan de Feu

Le Volcan "de Fuego" était déjà entré en éruption en janvier 2018
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Le Volcan "de Fuego" était déjà entré en éruption en janvier 2018 - © JOHAN ORDONEZ - AFP

Un total de 192 personnes sont toujours portées disparues au Guatemala, deux jours après la violente éruption du Volcan de Feu qui a fait au moins 73 morts et provoqué l'évacuation de milliers de riverains, a annoncé mardi soir la protection civile.

"Désormais nous avons des informations avec des noms et les localités où des personnes sont portées disparues, et nous avons un nombre: il y a 192 personnes qui sont portées disparues", a indiqué lors d'une conférence de presse Sergio Cabañas, un directeur des opérations de secours de la Coordination nationale de lutte contre les catastrophes naturelles (Conred).

L'éruption a fait 46 blessés et a entraîné l'évacuation de 3271 personnes, selon la Conred. En outre, 2625 personnes ont dû être relogées. La catastrophe a affecté au total 1,7 millions de Guatemaltèques.

Une forte explosion a obligé mardi les secouristes à interrompre leurs recherches autour du volcan, qui culmine à 3763 mètres d'altitude à 35 km au sud-ouest de la capitale.

Sept villages situés sur le flanc du volcan ont été évacués mardi, en raison de l'augmentation de l'activité volcanique

"Nous allons continuer jusqu'à ce qu'on retrouve la dernière victime, même si nous ne savons pas combien il y en a. Nous allons sonder la zone autant de fois que nécessaire", a déclaré à l'AFP Sergio Cabañas, directeur de la Coordination nationale pour la gestion des catastrophes (Conred).

Certains corps pourraient ne jamais être retrouvés

Le responsable a précisé qu'en raison de la nature de l'éruption, qui a déversé d'importantes quantités de boue, de lave et de cendre ardente, les possibilités de retrouver des survivants étaient très faibles.

"Si on est piégé dans le flux pyroclastique, il est difficile de rester en vie", a-t-il souligné, ajoutant que certains corps totalement calcinés pourraient ne jamais être retrouvés.

Paysage gris

Suspendues dans la nuit, les recherches ont repris à l'aube mardi dans les environs du volcan, encore recouverts d'une abondante couche de cendre grise. Les secouristes effectuaient leur dur labeur, seulement interrompus par les épais nuages soulevés au passage des véhicules d'urgence sillonnant la zone, tandis que des volontaires leur apportaient spontanément eau et nourriture.

Eddy Sanchez, directeur de l'Institut de vulcanologie, a indiqué à l'AFP que l'éruption de dimanche avait libéré "beaucoup d'énergie" et que le volcan, entré en "repos actif", pourrait encore libérer des éruptions explosives qui toutefois ne devraient "pas être catastrophiques".

Dimanche, des images diffusées à la télévision et sur les réseaux sociaux ont montré une immense nuée de cendres descendant du volcan avant d'engloutir une route tandis que des habitants et des membres des équipes de secours fuyaient en courant.

D'autres montraient des personnes couvertes de cendres que des secouristes essayaient de mettre à l'abri. Au total l'éruption a duré plus de 16 heures.

"Tragédie"

Lundi soir, le président Jimmy Morales avait qualifié l'évènement de "tragédie" et annoncé que les recherches et l'assistance aux sinistrés dureraient le temps nécessaire dans la zone.

La présidence a déjà précisé qu'un plan de reconstruction commencerait à être élaboré mardi, alors que les familles des victimes commençaient à enterrer leurs morts dans de longues processions.

Le Congrès du Guatemala a voté un décret présidentiel déclarant d'état de catastrophe naturelle dans les départements d'Escuintla (sud), Chimaltenango (ouest) et Sacatepequez (sud-ouest), les plus affectés par l'éruption. Les députés ont également commandé un rapport sur les dégâts dans les nombreuses exploitations de café et maïs touchées.

L'éruption a touché notamment des communes rurales proches du volcan et la cité coloniale d'Antigua, le plus important site touristique du Guatemala.

Deux autres volcans sont également actifs au Guatemala

Le Volcan "de Fuego" était déjà entré en éruption en janvier 2018. En septembre 2012, son précédent réveil avait entraîné l'évacuation de quelque 10.000 personnes résidant dans des villages situés sur le flanc sud.

Deux autres volcans sont également actifs au Guatemala: le Santiaguito (ouest) et le Pacaya (20 km au sud de la capitale). Ce petit pays d'Amérique centrale est situé sur la "Ceinture de feu du Pacifique", une zone qui concentre environ 85% de l'activité sismique terrestre.

 

Images aériennes de la zone touchée par l'éruption (Reuters):

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