Eradiquer la maladie d'Ebola : "C'est un travail de longue haleine"

Le virus Ebola est de retour en Afrique. Il y était apparu en 1976, dans le nord-est du Congo à l’époque. C’est un virus tueur : depuis son apparition, 15.000 personnes en sont mortes. L’OMS a donc décrété une nouvelle épidémie et l’urgence sanitaire mondiale. Interrogée sur La Première, Axelle Ronsse, coordinatrice des activités Ebola chez Médecins sans frontières, explique que "le virus Ebola est un virus qui peut donner une fièvre hémorragique et qui a surtout un taux de létalité très important. Plus de 70% des patients peuvent en mourir et il n’y a pas encore de médicaments qui ont été validés à ce stade pour traiter cette maladie. C’est donc ça qui fait qu’elle est effectivement une maladie compliquée".

"C’est une maladie qui ne se transmet que quand on est malade et elle se transmet via tout ce qui est sécrétions — le sang, les urines, la sueur. Ça veut donc dire que les premières personnes infectées sont généralement les travailleurs de santé qui prennent en charge ces patients ou les gens de la famille pendant les enterrements. Elle est effectivement très contagieuse quand on est en contact avec ces liquides", poursuit-elle.

On n’a toujours pas trouvé de moyen pour éradiquer cette maladie, "il y a eu l’épidémie de 2014-2016. La neuvième épidémie au Congo a eu lieu l’année passée, entre mai et juillet, et elle avait été assez vite contrôlée. Ici, effectivement, elle dure depuis presque un an maintenant. Pourquoi met-elle tellement de temps à être réglée ? D’abord parce qu’on est dans un endroit du Congo qui n’est pas facile. On est dans le Nord-Kivu, l’est du Congo, en guerre depuis une vingtaine d’années, avec la préoccupation d’une population qui est beaucoup plus au conflit et à d’autres choses qu’à la maladie d’Ebola. C’est une maladie qui demande surtout qu’on ait la population avec nous, qui doit être au centre du jeu et ce n’est pour le moment pas encore le cas. On n’a pas encore pu expliquer à la population que, si quelqu’un de sa famille est tombé malade, ce serait bien qu’il soit pris en charge le plus vite possible dans un centre Ebola. C’est donc vraiment ça qui est au centre du dispositif, c’est normalement d’avoir la population à bord", dit-elle.

Vaccination

"Le vaccin est un des nouveaux outils, qui est nouveau par rapport aux épidémies précédentes, et qui est assez prometteur. Mais effectivement, le vaccin ou la technique pour laquelle la vaccination est utilisée et la façon dont on l’utilise est que dès qu’un patient est déclaré Ebola, on doit à ce moment-là déterminer toutes les personnes avec lesquelles il a été en contact et vacciner toutes ces personnes. C’est un travail de longue haleine, c’est tout un pilier de la réponse Ebola, c’est normalement toute la surveillance, donc avoir tout ce tracé des patients. Normalement, dans une épidémie d’Ebola, si elle était sous contrôle, on devrait avoir une idée de toute la chaîne de transmission, voir qui transmet à qui. Pour le moment, ce qu’il y a, c’est qu’on voit qu’il y a encore énormément de décès communautaires, donc de personnes dans la communauté qu’on n’avait pas vues qu’elles tomberaient malades avant. On a toutes ces personnes qui se contaminent dans les structures de santé et on a pour le moment un trou dans ces chaînes, donc on n’arrive pas à suivre. La vaccination est basée sur un système de surveillance correct et si le système de surveillance n’est pas correct, on loupe effectivement des choses. La stratégie n’est pas mauvaise, il n’y a pas de nouveauté là-dedans, mais par contre il faut peut-être qu’il y ait une meilleure qualité sur cette stratégie."

Le virus est présent dans plusieurs pays, poursuit Axelle Ronsse : "En Asie, il y en a un similaire, mais le virus Ebola est né en Afrique, du nom d’une rivière là-bas, et c’est effectivement en Afrique, mais pas seulement au Congo, il y avait d’autres pays. En Afrique de l’Ouest, ça a touché d’autres pays, mais il n’est pas présent dans nos contrées ici en tout cas".

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