Equateur: les prix des carburants reviennent au niveau d'avant la crise sociale

En Equateur, le nouveaux prix du carburant sont affichés dans une station-service à Quito, le 15 octobre 2019.
En Equateur, le nouveaux prix du carburant sont affichés dans une station-service à Quito, le 15 octobre 2019. - © LUIS ROBAYO - AFP

En Equateur, les prix des carburants sont revenus au niveau d'avant la crise sociale de ces derniers jours et les établissements scolaires ont rouvert, suite à l'accord entre le gouvernement et les indigènes, fer de lance des manifestations. Le prix du galon (environ 3,8 litres) de diesel a baissé de 2,30 dollars à 1,03 et celui de l'essence ordinaire de 2,40 dollars à 1,85, dans plusieurs stations-service du nord de Quito. Par ailleurs, les classes qui avaient été suspendues par les autorités, ont repris. Plus de deux millions d'écoliers, collégiens et lycéens sont retournés en cours.

Le président Lenin Moreno a retiré hier le décret qui supprimait les subventions de l'Etat aux hydrocarbures et qui a déclenché une crise sans précédent. Le 3 octobre dernier, suite à une décision gouvernementale, la hausse des prix des carburants avaient plus que doublé, de même que les tarifs des transports publics avaient augmenté jusqu'à 40%.

La suppression des subventions aux carburants s'inscrivait dans une série de réformes économiques négociées par Lenin Moreno avec le Fonds monétaire international (FMI) en échange d'un prêt de 4,2 milliards de dollars.

Suite à cette décision, des manifestations, marquées par de durs affrontements, ont fait en douze jours huit morts et 1.340 blessés, dont certains sont dans un état critique, a précisé le Défenseur du peuple, entité publique de protection des droits. Le ministère de l'Intérieur a pour sa part fait état de 1.419 arrestations.

Privilégier la paix

Depuis Guayaquil (ouest), où il a transféré le siège du gouvernement pendant la crise, le président Moreno, ancien allié de son prédécesseur socialiste Rafael Correa (2007-2017), a affirmé lundi que le "pays retrouve rapidement le calme". "Ces journées doivent nous enseigner à privilégier la paix, la stabilité, la sécurité", a-t-il déclaré dans un message télévisé.

Durant la contestation, des manifestants avaient pris d'assaut le siège du gouvernement, envahi momentanément hémicycle du parlement, incendié un bâtiment public et attaqué les locaux de deux médias dans la capitale.

La mobilisation s'était étendue à d'autres villes du pays, avec blocages de routes et puits pétroliers à l'arrêt, jusqu'à ce que le chef de l'Etat accepte de retirer le décret contesté dimanche soir, à l'issue de négociations avec les indigènes. 

Les pertes économiques liées à la crise ont été estimées lundi à au moins 1,5 milliard de dollars par Patricio Alarcon, dirigeant du patronat équatorien.
 
 

Journal télévisé 09/10/2019

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