Equateur: les Indiens en marche contre R. Correa, contre-manifestation à Quito

Les Indiens en marche contre Rafael Correa
Les Indiens en marche contre Rafael Correa - © EDUARDO MENDIETA (AFP)

Plusieurs centaines d'Indiens d'Equateur ont donné jeudi le coup d'envoi d'une marche de deux semaines à-travers ce pays contre la politique du président de gauche Rafael Correa, dont les partisans ont répondu par un rassemblement de soutien à Quito.

Organisé par la principale organisation indigène équatorienne, le défilé, précédé d'un rite ancestral, est parti de la localité d'El Pangui, à 700 kilomètres au sud de la capitale, dans la province amazonienne de Zamora Chinchipe, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les opposants au chef de l'Etat sont appelés à rejoindre au fur et à mesure le cortège qui doit arriver à Quito le 22 mars. "Les gens sont très motivés, il y aura toujours plus de personnes à chaque village", a assuré à l'AFP le gouverneur de la province, Salvador Quishpe.

La Confédération des nationalités indigènes d'Equateur (Conaie) reproche au président Correa, un dirigeant socialiste qu'elle soutenait au moment de son élection en 2007, de suivre depuis en sous-main un programme néolibéral.

Inquiétudes pour l'environnement

Les indigènes s'inquiètent notamment de la gestion de l'eau et des conséquences sur l'environnement de l'exploitation des ressources naturelles, s'opposant ainsi au développement de l'industrie minière, en plein essor dans ce pays.

Cette communauté, qui affirme représenter le tiers des 14 millions d'habitants de l'Equateur, a déjà provoqué la chute de deux chefs d'Etat, Abdala Bucaram en 1997 et Jamil Mahuad en 2000.

Dénonçant une tentative de déstabilisation à l'encontre de son gouvernement, Rafael Correa avait invité ses sympathisants à se réunir jeudi pour soutenir la poursuite de sa "révolution".

Plusieurs milliers de personnes se sont ainsi rassemblées, à son appel, dans le centre de Quito, face au palais présidentiel, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le chef de l'Etat, qui est soutenu par d'autres associations indigènes, a estimé que le démarrage de cette marche avait été "un échec total". "Les organisateurs sont plus nombreux que les participants", a-t-il ironisé lors d'une conférence de presse.

Rafael Correa, qui jouit toujours d'une forte popularité pour avoir mis en oeuvre des programmes sociaux et procédé à une renégociation des contrats avec les multinationales pétrolières, accuse la Conaie d'agir avec la complicité de l'opposition.

Belga
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