Equateur: la tentative de coup d'Etat a avorté

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Après plusieurs heures d'incertitude, c'est donc l'échec de la tentative de séquestration du président équatorien. Rafael Correa a pu quitter l'hôpital où des policiers révoltés l'avaient pris en otage. Protégé par des militaires, restés fidèles, il est rentré dans son palais présidentiel.

Le président Rafael Correa est apparu à un balcon d'où il s'est adressé à des milliers de partisans pour les remercier de leur soutien.

C'est donc l'épilogue d'une révolte qui aurait pu tourner au coup d'Etat. Rafael Correa dit avoir vécu la journée la plus triste de sa vie.

Tout a commencé quand, avec son épouse belge, il a été agressé par des policiers en colère. Le couple a été touché par une grenade lacrymogène. Rafael Correa a été emmené à l'hôpital où la police l'a encerclé. Une partie des policiers et certains militaires sont en effet furieux après le vote d'une loi réduisant certains de leurs avantages.

Cerné par des centaines de policiers, mais soutenu par des milliers de civils qui jetaient des pierres sur la police, le président a dénoncé le kidnapping et refusé de négocier. C'est ce qu'il a pu annoncer dans une interview par téléphone tandis que le vice président Lenin Moreno dénonçait, lui, la tentative de séquestration dans une intervention à la télévision.

Selon la Croix-Rouge, l'opération militaire mise en oeuvre pour libérer Rafael Correa a fait deux morts et 37 blessés. Depuis le balcon du palais présidentiel où il est revenu après avoir été libéré, Rafael Correa s'est adressé à la foule de ses partisans. Il a dit avoir vécu "l'un des jours les plus tristes de sa vie".

Dans la foulée de l'échec de la mutinerie, le chef de la police a annoncé sa démission.

Soutien international

Durant ces heures de tension, de très nombreux messages de soutien au président ont été émis à travers le monde. Réunis en urgence, les chefs d'Etat sud-américains ont appelé vendredi à Buenos Aires à juger et condamner les "responsables de la tentative de coup d'Etat" contre le président Rafael Correa, dans une déclaration commune à l'issue d'un sommet.

Les présidents "expriment la nécessité de voir les responsables de la tentative de coup d'Etat jugés et condamnés et réaffirment leur soutien au gouvernement constitutionnel" de l'Equateur, selon le texte lu par le chef de la diplomatie argentine, Hector Timerman.

Ils "condamnent énergiquement" la rébellion de policiers et militaires et l'enlèvement de Rafael Correa et se disent déterminés "à ne tolérer aucune nouvelle atteinte à l'autorité institutionnelle", selon le texte.

Les chefs d'Etat, qui avaient décidé de se réunir dans l'urgence pour venir en aide à Rafael Correa, ont décidé de dépêcher le jour même à Quito leurs ministres des Affaires étrangères.

Les présidents Alan Garcia (Pérou), Hugo Chavez (Venezuela), Sebastian Pinera (Chili), Evo Morales (Bolivie), Juan Manuel Santos (Colombie) et José Mujica (Uruguay) étaient présents aux côtés de Cristina Kirchner et de son mari, l'ancien président Nestor Kirchner, secrétaire général de l'Unasur.

Les voyages non-essentiels à éviter

Le SPF Affaires Etrangères préconise aux ressortissants belges d'éviter tout voyage vers l'Equateur qui ne serait pas essentiel, a-t-il indiqué vendredi à l'Agence Belga. "Il y a eu une amélioration de la situation jeudi soir, mais il convient de rester prudent", a déclaré le porte-parole, Bart Ouvry. Le ministre des Affaires Etrangères, Steven Vanackere, se joint à la Haute représentante de l'UE pour réclamer le respect des institutions démocratiques.

Quelque 400 Belges sont présents en Equateur, indiquent les Affaires Etrangères. "Aucun citoyen belge n'est pour l'instant signalé en difficulté", précise M. Ouvry. "Notre ambassade à Lima et notre représentation à Quito suivent la situation de près et veillent à la sécurité de nos compatriotes en Equateur."

Le ministre Vanackere se rallie à l'appel de la Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires Etrangères, Catherine Ashton, pour que cessent les violences et appelle chacun à respecter l'état de droit et les institutions démocratiques, indique-t-il vendredi dans un communiqué. Le ministre a demandé à la Haute représentante de réunir le comité politique et de sécurité afin d'évaluer comment l'Union européenne peut réagir.

Thomas Nagant et Françoise Nice avec Belga

 

 

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