Equateur: la survie des peuples indigènes et de leur mode de vie authentique

Laura Chusin Pilango nous a expliqué sa vie dans les Andes, au sein d'une petite communauté indigène.
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Laura Chusin Pilango nous a expliqué sa vie dans les Andes, au sein d'une petite communauté indigène. - © Pascale Sury

Les peuples indigènes représentent une des richesses de l’Équateur et pourtant, leur vie est loin d'être riche, ils sont souvent oubliés, voire discriminés. Découverte touchante de ces communautés ancestrales au cœur des Andes ou de la forêt amazonienne.

“Indigènes”, un mot synonyme de fierté pour ces peuples originels, ces descendants de ceux qui habitaient la terre avant les conquêtes, les colonies et les métissages. L’authenticité d’un mode de vie et d’une culture est inscrite dans leurs gênes et ils la défendent fermement.

L’Équateur, 15 millions d’habitants, compte treize nationalités indigènes, inscrites dans la constitution de 1998. Après des années de spoliation, cette reconnaissance officielle leur donne enfin des droits et une voix comme membres à part entière de l’État équatorien. Ils sont, selon les Nations Unies, quelques 4 millions, plus d’un quart de la population.

Ces hommes, ces femmes et ces enfants vivent souvent loin des zones urbaines et parlent une vingtaine de dialectes différents. Ils font face à de nombreux défis pour perpétuer leur mode de vie menacé par la pauvreté et la convoitise de grandes entreprises, avides de s’emparer des richesses de leurs terres.

Nous avons rencontré Laura Chusin Pilango, une mère de famille de 46 ans. Elle vit dans les Andes, quelque part entre 3000m et 4000m d’altitude non loin des volcans emblématiques du pays. Dans cette région magnifique et verdoyante, Laura représente une des 35 familles de la communauté Guayama Grande. Elle a 9 enfants et vit avec sa fille Tania de 10 ans.

Comme ces “voisins”, Laura est agricultrice et essaye de tirer le meilleur de son petit lopin de terre. Dans un dénuement assez frappant, elle travaille tous les jours pour assurer la subsistance de sa famille. Comme Laura, les communautés se situent en bas de l’échelle sociale et souffrent encore aujourd’hui de discrimination. Selon un rapport de la Banque Mondiale, 87% de la population indigène d’Équateur est pauvre, 96% dans les Andes.

Du coup, bon nombre d’indigènes ont quitté leurs terres pour aller trouver du travail et une vie meilleure en ville.

Dans la région amazonienne, les communautés indigènes doivent se battre pour préserver leur mode de vie authentique. Cette forêt majestueuse, présentée comme le poumon de la planète, est menacée par la déforestation, l’exploitation minière, forestière et pétrolière. Dans cette “forêt vivante” comme ils l’appellent, les Kichwas de Sarayaku sont très actifs sur les réseaux sociaux pour défendre leur territoire face à la gourmandise du monde moderne. Leurs dirigeants se sont déplacés à Bonn, en Allemagne, pour se faire entendre à la COP23.

Le peuple Sarayaku s'adresse à la COP23 !

Sur la planète, les peuples indigènes habitent quelques 90 pays. Ces familles représentent 5% de la population mondiale (approximativement 370 millions d’individus), mais 15% du nombre d’individus vivant dans l’extrême pauvreté, selon les chiffres tenus par la Banque Mondiale. En 20 ans, selon l’institution internationale, les droits de ces peuples se sont améliorés grâce à l’adoption de nouveaux textes, comme par exemple la Déclaration des Nations Unies des Droits des peuples indigènes.

Bien loin de ces grands cénacles internationaux, sur le terrain, le travail de ces familles est admirable pour tenter de s’offrir une vie décente au quotidien!

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