Enquête sur la colonisation: Israël convoque l'ambassadeur de Belgique

Jérusalem: la mosquée El Aqsa
Jérusalem: la mosquée El Aqsa - © AFP

Israël a rompu tout contact avec le Conseil des Droits de l'Homme des Nations unies qui avait décidé de mener l'enquête sur la colonisation. Cette décision d'enquête a entraîné une rupture des contacts et l'ambassadeur de Belgique a été convoqué lundi soir.

Cela s’est passé lundi, peu de temps après l’annonce de la décision israélienne de rompre tout contact avec le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Les Affaires étrangères, à Jérusalem, ont convoqué deux diplomates étrangers : l’ambassadeur de Belgique et l’ambassadeur d’Autriche. Motif : la Belgique et l’Autriche sont les deux seuls pays de l’Union européenne qui, au Conseil des droits de l’Homme, ont voté en faveur de la mise sur pied d’une mission d’enquête sur la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Les autres pays de l’Union européenne se sont abstenus.

Les deux diplomates sont arrivés séparément au ministère des Affaires étrangères, à Jérusalem. Ils ont été reçus par le directeur général du département Europe, donc dans celui du ministère de Rafi Shutz, qui leur a fait part de la protestation et du mécontentement israéliens. Mais il faut savoir que deux autres pays, qui ne font pas partie de l’Union européenne, ont aussi reçu, via leurs ambassadeurs, des messages de protestation : il s’agit de la Suisse et de la Norvège. Et c’est évidemment toujours pour la même raison.

Pourquoi ce coup de sang?

Depuis jeudi, c’est-à-dire l’annonce par le Conseil des droits de l’Homme onusien qu’il allait y avoir une mission d’enquête sur la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, Israël était très mécontent. Benyamin Netanyahu, le Premier ministre, ou son ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, avaient tous deux tiré à boulets rouges sur le Conseil des droits de l’Homme, le premier parlant d’hypocrisie, le second de décision surréaliste. La décision israélienne de rompre les contacts était donc dans l’air.

Que signifie la rupture avec le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU ?

Cela signifie surtout qu’aucun enquêteur de l’ONU ne sera autorisé à pénétrer en territoire israélien et en Cisjordanie. Et puis, l’autre cible du gouvernement Netanyahou, c’est l’Autorité palestinienne, qui est à l’origine de cette initiative du Conseil des Droits de l’Homme. A Jérusalem, on envisage des mesures de rétorsion contre l’autorité autonome.

Danièle Kriegel à Jérusalem

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