Enfin un médicament pour guérir la fièvre Ebola ?

Le jeune Félix, récemment guéri, est devenu la mascotte de l'équipe B-Fast
3 images
Le jeune Félix, récemment guéri, est devenu la mascotte de l'équipe B-Fast - © B-Life

Le petit Félix est guéri. Et avec lui 10 autres patients atteints par la fièvre Ebola. Un médicament, testé par l’équipe de B-Fast en Guinée, donne des résultats surprenants.

L’équipe belge de B-Fast est opérationnelle depuis 5 semaines maintenant en Guinée équatoriale, dans la petite ville de Nzérékoré. L’hôpital de campagne de B-Fast s’est déployé sous tente peu avant Noël. B-Fast collabore avec l’ONG française ALIMA (Alliance for International medical action).

Les laborantins analysent les malades suspectés de porter le virus de la fièvre hémorragique. Mais ils ont eu l’occasion de tester un nouveau traitement, à base d’antirétroviraux, le FAVIPIRAVIR, qui donne des résultats très encourageants. L’essai thérapeutique est mené par l’Inserm, l’institut national de la santé de la recherche médicale français. L’essai est également en cours depuis le 17 décembre dans le centre géré par Médecins sans frontières à Ghékédou en Guinée. L’expérience est coordonnée par l’OMS.

"On peut donc guérir d’Ebola" explique le Dr Jean Luc GALA, qui dirige la mission de B-Fast.

Le FAVIPIRAVIR est un médicament fabriqué par la firme japonaise Toyama Chemical Co. Au départ, cet antiviral était prévu pour traiter la grippe influenza. Mais on a découvert que son mode d’action bloquait la réplication du virus Ebola. Le médicament a été testé sur des souris, puis a été administré, à titre compassionnel chez plusieurs patients atteints d’Ebola en Europe. C’est la première fois qu’il fait l’objet d’une étude clinique en Afrique, au sein d’un groupe de patients infectés par le virus. L’essai montre une efficacité accrue sur les patients qui se présentent tôt à l’hôpital.

Félix, la mascotte de l’équipe

Parmi les cas de guérison, le petit Félix, âgé de 6 ans, très fragile. Il était entre la vie et la mort pensant 14 jours. Il a reçu le traitement expérimental. L’équipe est parvenue à le traiter grâce à un monitoring quotidien effectué par le laboratoire. Par le biais des satellites dont le laboratoire B-Life est équipé, les médecins étaient aussi en contact direct avec le service de réanimation pédiatrique et d’hématologie de St-Luc, pour avoir leur avis. Un des médecins lui avait promis un vélo : Félix devait pour cela accepter de prendre ses comprimés. Pas simple quand on vomit tout le temps à cause de la maladie. Mais le petit Félix a tenu bon. Chose promise, chose due, il a reçu son vélo mardi, et a été fêté par tous les patients guéris.

Félix est aujourd’hui guéri, le virus est pratiquement indétectable dans son sang. Cette guérison, opérée sous tente, dans la brousse, est une première mondiale dans le traitement d’un enfant qui aurait dû mourir il y a dix jours déjà. Sur les 21 patients infectés et traités à l’hôpital de campagne depuis le 26 décembre, 11 sont guéris !

Et 5 ont pu rentrer dans leur village. Leur témoignage est précieux, et rassure les communautés sur l’existence, enfin, d’un traitement pour soigner la fièvre hémorragique. De nouveaux patients sont encouragés à se présenter au centre de B-Fast.

Après 5 semaines sur place, et après avoir passé les fêtes de fin d’années loin de leurs proches, l’équipe de B-Fast va regagner la Belgique. Une équipe fraîche va les relayer pour un mois. Tous espèrent que le laboratoire mobile va rester sur place, et devenir un centre de référence pour le traitement d’Ebola dans la région.

F. Wallemacq

La page Facebook de B-Life

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK