Melania Trump, gouverner avec le cœur: quel rôle pour l'épouse du président américain?

"Je déteste voir des enfants séparés de leurs parents sans papiers" : c'est une Melania Trump très critique qui prend la parole. "Elle pense que le pays doit respecter la loi mais aussi être gouverné avec cœur", explique sa directrice de communication à CNN. Melania Trump lance dans la foulée un appel à réformer le politique américaine en matière d'immigration. Une First Lady qui dénonce ouvertement la politique menée par son époux, ce n'est pas courant. 

L'annonce a surpris tout le monde. Melania Trump intervient dans un dossier politique à haute charge émotionnelle. Il divise les familles mais aussi les opinions.

La tolérance zéro en matière de migration, telle qu'elle est appliquée, ce sont depuis mi-avril, 2000 enfants séparés de leurs parents entrés illégalement aux Etats-Unis. 

Les adultes qui tentent de passer la frontière sans papier sont emprisonnés et poursuivis au pénal. Mais pas les enfants, qui leur sont enlevés et placés en centre de détention, des foyers qui affichent souvent complet. Il faut même aménager des entrepots, des supermarchés pour les accueillir. Et l'administration a un projet de camp de tentes dans le désert du Texas, où les températures flirtent avec les 40°.

Vers un revirement de la politique américaine en matière de migration ?

Politiquement, le dossier est imprévisible. L'opposition démocrate tire à boulets rouges contre cette politique mise en place par le ministre de la Justice de Donald Trump, Jeff Sessions, même si Trump cherche à faire croire que ces séparations sont la faute des démocrates. 

En fait, le mécontentement sur la politique actuelle en matière migratoire est général, chez les démocrates mais aussi chez des républicains, divisés. Les critiques fusent chez des membres influents du parti républicain, notamment dans la base évangélique proche du président.

Laura Bush, condamne à présent elle aussi cette politique : "J'habite un Etat frontalier. Je comprends le besoin de renforcer et protéger nos frontières internationales, mais cette politique de la tolérance zéro est cruelle. Et ça me brise le cœur", dit l'épouse de l'ancien président républicain George W Bush dans le Washington Post.

L'ONU intervient dans la polémique : la séparation des enfants et des parents est "inadmissible" et "cruelle" pour le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Zeid Ra'ad Al Hussein

Mais pour Donald Trump, les démocrates sont responsables de cette situation. Le président les invite d'ailleurs à collaborer à une vaste réforme sur l'immigration. 

Le cri de Melania Trump ne dit pas autre chose puisqu'elle appelle à un accord entre républicains et démocrates pour changer la loi. 

Finalement, Melania roule peut-être un peu pour son mari de président...

Marchandage au Parlement ?

La loi sur l'immigration doit passer cette semaine au Congrès. Une loi qui aborde tous les aspects du sujet : le statut des Dreamers par exemple, mais aussi le mur que Trump entend construire à la frontière avec le Mexique.

Et pour cela, il faut des milliards, 25 milliards de dollars. 

Il est possible que Trump utilise le sort des enfants séparés pour en faire une concession, une monnaie d'échange afin de financer son mur.

Quel rôle politique pour l'épouse du président ?

L'intervention de Melania Trump dans le débat intervient après une longue absence. Opérée et hospitalisée pendant 5 jours mi-mai, on ne l'avait plus vue pendant 25 jours. Elle n'avait pas apparu aux côtés de son mari ni au G7 au Canada, ni au sommet historique de Singapour avec le nord-coréen Kim Jong-un. 

Des rumeurs avaient couru, dénoncées par le président lui-même : quasi-décès, séparation, mauvais traitements, chirurgie esthétique...

La voilà donc de retour sur le devant de la scène. Avant elle, les autres épouses des présidents américains ont eu des rôles divers, souvent axés sur la jeunesse et les milieux défavorisés.

Nancy Reagan avait son opération "Just Say No" contre les drogues. Tant Barbara Bush que Laura Bush se sont investies contre l'illettrisme. Michelle Obama a aidé au combat contre l'obésité chez les enfants avec "Let's Move". Melania Trump a attendu le mois de mai dernier pour lancer "Be Best", une campagne vistant a améliorer la santé des enfants.

D'autres premières dames se sont montrées plus impliquées dans la politique de leur époux. On pense évidemment à Hillary Clinton et à ses efforts de réforme du système de santé pendant la présidence de Bill. Elle sera la première à disposer d'un bureau dans l'aile ouest de la Maison Blanche, avant d'être sénatrice, secrétaire d'Etat et candidate à la présidence.

Le rôle de First Lady à la Maison Blanche couvre un large spectre. Jackie Kennedy reste une référence en matière d'image et d'appui à la politique du président. Un atout sans doute bien compris par Donald Trump.

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