Enabel va étendre son projet d'électrification en RDC à Lubumbashi : "Grâce à ce système, il n'y a plus de délestage"

Le site à proximité du quartier défavorisé de Karavia est imposant... avec ses gigantesques pilonnes électriques reliés par des câbles à haute tension. L'investissement est conséquent : depuis 2013, 10 millions d’euros ont déjà été investis. Ils ont servi à réhabiliter les infrastructures électriques, pour la plupart, devenues saturées, vétustes et très peu entretenues.
3 images
Le site à proximité du quartier défavorisé de Karavia est imposant... avec ses gigantesques pilonnes électriques reliés par des câbles à haute tension. L'investissement est conséquent : depuis 2013, 10 millions d’euros ont déjà été investis. Ils ont servi à réhabiliter les infrastructures électriques, pour la plupart, devenues saturées, vétustes et très peu entretenues. - © Ghislaine Kounda

La mission gouvernementale belge en République démocratique du Congo s’est achevée hier soir au pas de course. La Première ministre Sophie Wilmès était accompagnée des ministres de la Coopération au développement, Alexander De Croo et du Commerce Extérieur, Pieter de Crem. Cette visite de deux jours avait pour but de confirmer la reprise des accords de coopération bilatéraux entre les deux pays, après une période de tensions, du temps de l'ancien président Joseph Kabila. 

Enabel (l'agence belge de développement) relancera donc ses projets en RDC, notamment celui qui consiste à renforcer le réseau électrique de la ville de Lubumbashi, dans l’extrême sud-est du pays.

10 millions d'euros déjà investis

Le site à proximité du quartier défavorisé de Karavia est imposant... avec ses gigantesques pilonnes électriques reliés par des câbles à haute tension. L'investissement est conséquent : depuis 2013, 10 millions d’euros ont déjà été investis. Ils ont servi à réhabiliter les infrastructures électriques. Avec le temps, elles étaient saturées, vétustes et très peu entretenues. 

La puissance électrique a été augmentée grâce à un transformateur de 150 MVA qui a été installé et qui vient d’atteindre une charge de 75 MW. Cela permet notamment de remédier aux insuffisances répétées de fourniture électrique à partir du barrage d’Inga (à l'ouest du pays), au bénéficie des 3 millions d'habitants de Lubumbashi.

Un accord pour l’importation d’électricité à concurrence de 140MW a également été conclu avec la société ZESCO (Zambia Electricity Supply Corporation Limited). Le projet pourra bénéficier de cet apport complémentaire d’énergie en provenance de la Zambie, en attendant la fin de la réhabilitation en cours des centrales hydro-électriques d’Inga dans le cadre du projet SAPMP (Southern African Power Markt Program).

Grâce à ce système, il n'y a plus de délestage

Ce projet d’Enabel a permis à près de 20 000 ménages d'avoir enfin accès au courant. "Grâce à ce système, il n'y a plus de délestage. Avant, les coupures d'électricité étaient fréquentes.... Maintenant, il y a de l'éclairage public, et donc moins d'insécurité", explique Eric un habitant de Karavia. "Les familles ont du courant chez elles. "Moi, je prends une carte pour un mois d'une valeur de 10 mille francs. J'ai six enfants, un congélateur, j'ai un fer à repasser, une machine à lessiver. C'est une consommation normale".  

Pour Jean Van Wetter, directeur général d’Enabel, ce projet a un impact bien plus large : "premièrement, il permet de réaliser les activités quotidiennes d'un ménage. Mais en plus, cela permet de créer des emplois via la création de micro-entreprises dans les communautés. Ce réseau électrique permet aussi d'améliorer l'accès à l'éducation. Ici, il fait noir à 18 heures. Lorsque les enfants rentrent de l'école, si ils n'ont pas accès à l'électricité, il ne savent pas étudier. On estime que cela permet d'améliorer la qualité de l'enseignement".

Des boites électriques avec des cartes prépayées

Des compteurs électriques avec un système de cartes prépayées ont été installés dans les ménages. C’est la société SNEL, la société congolaise d’électricité qui en bénéficie. "Ça fonctionne comme pour le téléphone", explique Eric, l'habitant du quartier de Karavia. "Et ce n’est pas trop cher, mais tout de même, j'aimerais avoir un peu plus d’électricité, pour le même montant"...

Eric déplore aussi que les compteurs électriques ne soient pas abrités. Installés dans les cours extérieures des habitations, et parfois soumis à la pluie, les systèmes de boites sont sujet à des coupures. Selon lui, le projet nécessite encore quelques améliorations. Jean Van Wetter, directeur général d'Enabel, en est parfaitement conscient. Il demande à son équipe sur place d’être plus à l’écoute des réclamations pour remédier aux problèmes rencontrés.

2 millions d'investissements prévus ...

Dans le cadre du programme de transition, la prochaine phase du projet prévoit une extension du réseau électrique, à hauteur de 2 millions d’euros. 50 000 ménages supplémentaires devraient en profiter et environ 60 jeunes techniciens électriciens seront inscrits dans le Plan Formation-Insertion grâce au raccordement du plateau Karavia.

Pour former ces jeunes à la maintenance des différents éléments du système électrique, Enabel fait appel notamment au Forem. L’agence belge de développement coopère toujours en partenariat avec les institutions locales. Dans ce cas-ci, avec la SNEL. 

Newsletter RTBF Info - Afrique

Chaque semaine, recevez l’essentiel de l'actualité sur le thème de l'Afrique. Toutes les infos du continent africain bientôt dans votre boîte de réception.

OK