En Tunisie, les poursuites contre les personnes LGBT inquiètent Human Rights Watch

En Tunisie, les poursuites contre les personnes LGBT inquiète Human Rights Watch
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En Tunisie, les poursuites contre les personnes LGBT inquiète Human Rights Watch - © FETHI BELAID - AFP

Human Rights Watch (HRW) a exprimé mardi sa "profonde inquiétude" face aux poursuites judiciaires contre la communauté LGBT en Tunisie, notamment après la condamnation en juin de deux hommes à deux ans de prison ferme pour sodomie.

"Les poursuites actives de personnes pour homosexualité en Tunisie sont profondément inquiétantes et constituent une invasion flagrante de leur vie privée", a déclaré Rasha Younes, chercheuse spécialiste des droits LGBT pour HRW, citée dans le communiqué publié par l’ONG.

Si "les Etats et les organismes internationaux ont félicité la Tunisie pour ses progrès en matière de droits humains, la criminalisation et la poursuite de personnes homosexuelles indiquent le contraire", a estimé l’organisation.


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HRW dénonce la condamnation le 16 juin de deux jeunes hommes de 26 ans à deux ans de prison ferme par le tribunal de première instance du Kef (nord-ouest) pour sodomie.

La police a tenté de les soumettre à un examen anal "pour servir de preuve dans l’affaire", a dénoncé HRW, appelant les autorités tunisiennes à libérer immédiatement les deux hommes.

HWR demande également au Parlement tunisien d’abroger la loi contre la sodomie, punie de trois ans d’emprisonnement selon l’article 230 du Code pénal.

Le jugement contre les deux hommes "viole leurs droits à la vie privée et à la non-discrimination en vertu du droit international et de la Constitution tunisienne de 2014", selon HRW.

L’article 21 de la Constitution dispose que "tous les citoyens, hommes et femmes, ont des droits et des devoirs égaux et sont égaux devant la loi sans aucune discrimination", rappelle l’ONG.


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Depuis la révolution de 2011, les militants LGBT sont sortis de l’ombre en Tunisie, où des ONG locales défendent ouvertement les droits de cette communauté, ce qui est encore relativement rare dans le monde arabe.

En juin 2018, une Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe) avait préconisé dans un rapport une série de réformes sociétales, dont des mesures pour l’égalité entre hommes et femmes en matière d’héritage et la dépénalisation de l’homosexualité.

Sur la base de ce rapport, seize députés ont déposé au Parlement en octobre 2018 un projet de code des libertés individuelles qui prévoit notamment de sanctionner toutes les formes de discrimination et de supprimer l’article 230 du Code pénal.

Le président tunisien Kais Saied s’oppose à une dépénalisation de l’homosexualité, mais est également opposé aux incarcérations sur la base de l’orientation sexuelle.

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