En Suisse, la stratégie du désendettement mène à l'excédent budgétaire

En Suisse, la stratégie du désendettement mène à l'excédent budgétaire
En Suisse, la stratégie du désendettement mène à l'excédent budgétaire - © FABRICE COFFRINI - AFP

Le pays de l'emmental et du gruyère donne l'impression de venir d'une autre planète. En effet, la Confédération suisse a enregistré un excédent budgétaire de 9 milliards de francs suisses l'année passée, soit 7,5 milliards d'euros.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, un excédent budgétaire, ça existe et surtout ce n’est pas le premier. À part un léger déficit en 2014, la Confédération suisse est abonnée aux excédents budgétaires depuis 2006.

Stratégie de désendettement

La bonne santé de l'économie suisse joue un rôle, mais l'essentiel est la stratégie politique décidée au tout début des années 2000 : un frein à l'endettement fédéral, dont l'essence est de faire en sorte que sur un cycle économique complet, les finances publiques, soient en équilibre.

Nikolay Markov, économiste senior chez Pictet Asset Management, explique le principe simple adopté par la Suisse : "En période de fort dynamisme économique, il y a un frein à l'augmentation des dépenses publiques pour créer un excédent budgétaire et à l'inverse en période de stagnation, voire de récession, les dépenses publiques peuvent être supérieures aux recettes".

Le résultat est sans appel : en 15 ans, la Confédération suisse s'est massivement désendettée. Le taux d'endettement actuel s'élève à 29 % du PIB. Si on ajoute la dette des cantons, la dette suisse dépasse les 40 % du PIB. En Belgique, on est un rapport dette sur PIB supérieur à 100 %.

Penser sur le très long terme

Actuellement, les taux d'intérêt sont au plancher, voire quasi-négatifs. La stratégie du désendettement peut donc sembler inadaptée. Selon Nikolay Markov, "c'est une approche qui est très prudente vis-à-vis de la gestion des finances publiques, qui permet de maintenir des finances publiques saines à très long terme et qui de faire face à des problèmes de nature structurelle comme les problèmes liés au vieillissement de la population, au financement des rentes de pensions à long terme".

Il conclut en affirmant qu'"il y a quelque chose de profondément culturel pour l'homme de droite, alémanique, souvent d'inspiration protestante, la dette c'est mal".

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