En Iran, le camp réformateur capitaliserait sur un accord nucléaire

Le président Rohani a été élu sur la promesse de faire lever les sanctions internationales qui frappent durement l’économie iranienne
Le président Rohani a été élu sur la promesse de faire lever les sanctions internationales qui frappent durement l’économie iranienne - © BEHROUZ MEHRI - AFP

Les négociations sur le nucléaire iranien se poursuivent à Vienne. Ces derniers jours les déclarations encourageantes et optimistes se multiplient. Pour le président iranien Rohani, l'enjeu est également  et avant tout un enjeu interne pour consolider le pouvoir du camp réformateur dans le pays. Armin Arefi est journaliste au magazine Le Point, spécialiste de l'Iran.

Quelle importance ont ces négociations pour les Iraniens ?

C’est une question primordiale. Le président Rohani a été élu sur la promesse de faire lever les sanctions internationales qui frappent durement l’économie iranienne ainsi que celle d’un rétablissement des relations avec la communauté internationale.

Vu d’Iran, ce pari est-il risqué ?

Oui, dans le sens où il y a beaucoup de forces conservatrices qui tiennent beaucoup de levier du pouvoir Iranien. Elles sont opposées à cette ouverture car elles ont beaucoup à y perdre. C’est justement dans la confrontation avec l’occident que s’est forgée la République Islamique. Tout rapprochement entre l’Iran et les Américain risquerait de faire toute raison d’être aux forces les plus conservatrices.

D’autre part, au contraire, on voit une société iranienne assez ouverte, qui a voté massivement Rohani pour rétablir sortir l’Iran de l’isolement international.

Cette question du nucléaire en Iran est-elle un levier pour l’économie ?

Oui, complètement. C’est une des raisons qui a fait que Rohani a été élu et qu’il bénéficie aujourd’hui du soutien du guide pour négocier sérieusement avec les occidentaux sur le programme nucléaire.

Les sanctions internationales étouffent l’économie iranienne et c’est ce qui a ramené l’Iran à la table des négociations, il y a près de deux ans et qu’il cherche à tout prix un accord.

Si un accord est trouvé, le camp réformateur et le président Rohani peuvent-ils capitaliser dessus pour rester au pouvoir?

Oui, l’année prochaine se déroulent des élections législatives. Un accord sur le nucléaire est une condition indispensable pour espérer un retour du camp réformateur lors des prochaines élections législatives. Aujourd’hui le parlement est majoritairement conservateur.

Rohani pourrait mener d’autres réformes, davantage attendues par la population concernant les libertés individuelles, la liberté de la presse et la liberté d’expression. Ce sont des domaines dans lesquels il n’a pas fait grand-chose depuis son élection. Sur le plan des arrestations politiques et des exécutions, il n’y a pas eu d’amélioration. Au contraire, la situation s’est aggravée sous Rohani.

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