En Grèce tout est à vendre, ou presque

La Grèce est à vendre,
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La Grèce est à vendre, - © Mstyslav Chernov

Îles au rabais, sites olympiques bradés, tronçons d'autoroute et entreprises publiques à la pelle, la patrie de Platon vend tout.

C'était le 12 juillet dernier. Après des heures et des heures de négociations aussi ardues que tendues, un troisième plan de refinancement voyait le jour. Et quel plan. Dans les grandes lignes, l’accord demande au gouvernement grec, avant toute chose, de revenir sur les mesures prises ces six derniers mois et ayant pour but d’extraire le pays d’une situation d’enlisement, pour ne pas dire de régression, socio-économique. Plus question non plus de rechigner à la systématisation des coupes budgétaires liées aux retraites et autres dépenses gouvernementales. 

Mais surtout, il y a cet OVNI économique, ce contresens européen, le fameux fonds d'investissement de 50 milliards d'euros. Cinquante milliards financés par la privatisation de biens publics, utilisés pour rembourser la dette du gouvernement, recapitaliser les banques et, éventuellement s'il demeure des deniers, investir en Grèce.

Faire du neuf, avec du vieux

Que la Grèce privatise à tout va n'est pas neuf. En 2011, une première tentative de vendre pour alléger la dette avait été tentée. Malheureusement, sur les 50 milliards (déjà) espérés à l'époque, seuls 3,2 avaient été trouvés. De retards en ratés, volontaires ou pas, la mesure s'était enlisée et les créanciers européens ont vite déchanté, jusqu'à accepter de ne plus tabler que sur 22 milliards, d'ici 2020. Mais cela, c'était avent le 12 juillet dernier.

Dans le fonds "nouvelle version", ventes et privatisations seront accélérées. Finis les écueils juridiques, administratifs et politiques qui découragent les investisseurs. Finis les recours systématiques ou les grèves sauvages des employés à risque de licenciement, symboles de la colère des Grecs envers ce qu'ils considèrent comme une spoliation en règle.

Et ce fonds, dans lequel la Grèce est censée transférer tout ce qui est potentiellement vendable, dispose d'un site internet, véritable vitrine des biens en vente avec pléthore de détails. Des aéroports, des ports, des plages, des sources thermales, tout s'y trouve, il ne manque que les prix.

Hôtels et sanatoriums

Dans les années 60, la Grèce avait lancé le projet Xenia. Des hôtels, dessinés par les plus grands architectes du pays et situés dans des zones d'intérêt culturel et historique. Cinquante ans de mauvaise gestion plus tard, ces boutiques-hôtels se retrouvent en vente. Au même titre que deux sanatoriums et trois manoirs à "haut potentiel hôtelier".

Un château près de Corfou

Construit par l'Amiral italien Bibelli, Castello Bibelli est un château de 2000 mètres carrés en style néo-gothique, avec tourelles, patio et dépendances. Le tout édifié au début du siècle dernier, dans un parc de 77 acres situé à un jet de pierre de Corfou.

Ports

Véritables perles de la Grèce, les ports représentent également le symbole de la résistance grecque contre cette vague de privatisation. Douze de ces infrastructures maritimes font cependant toujours partie de cette grande vente aux enchères: Le Pirée, Thessalonique, Volos, Rafina, Igoumenitsa, Patras, Alexandroupoli, Iraklio, Elefsina, Lavrio, Corfu et Kavala.

Certains sites des Jeux Olympiques d'Athènes

Onze ans que la Grèce a organisé le plus médiatisé des spectacles sportifs du monde. Depuis, beaucoup de ces sites olympiques ont été abandonnés, délaissés ou utilisés occasionnellement pour... des mariages. Trois sites sont actuellement à vendre: le Centre d’Aviron Schinia, le Centre Équestre Markopoulo et le Centre Olympique Galatsi.

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