En état d'urgence, la Hongrie compte restreindre les droits des personnes transgenres

En état d’urgence, la Hongrie compte restreindre les droits des personnes transgenres
En état d’urgence, la Hongrie compte restreindre les droits des personnes transgenres - © Tous droits réservés

En pleine crise du coronavirus, le gouvernement de Viktor Orban compte profiter de l’état d’urgence pour limiter les droits des transgenres. Une décision fortement critiquée par le Conseil de l’Europe.

Même en temps de coronavirus, le gouvernement hongrois ne s’attaque pas seulement à l’épidémie. Il a déposé un projet de loi visant à mettre fin à la reconnaissance légale des personnes transgenres, rapporte The Guardian.

Soumis mardi dans une série de mesures, ce projet de loi stipule que le genre devrait être défini comme "le sexe biologique basé sur les caractéristiques sexuelles primaires et les chromosomes". Conséquence ? Il faudrait enregistrer le "sexe à la naissance" des personnes dans le registre civil hongrois qui ne pourraient plus changer de sexe.

La réglementation sur l'égalité des sexes, qui fait partie d'un projet de loi plus vaste sur un certain nombre de questions non liées aux coronavirus, devra encore être examinée par le Parlement hongrois.

Opposition du Conseil de l’Europe

Le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatović, a appelé le Parlement hongrois à ne pas adopter cette loi, et a déclaré que cette mesure était contraire aux normes des droits de l'Homme et à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme.

"Les personnes transgenres ont le droit à la reconnaissance légale de leur sexe sur la base de l'autodétermination. C'est une étape essentielle pour garantir le respect de leurs droits humains dans tous les domaines de la vie. La reconnaissance juridique du genre est une question de dignité humaine", a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Avide de pouvoir

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a obtenu le 31 mars le feu vert du Parlement pour légiférer par ordonnances dans le cadre d'un état d'urgence à durée indéterminée que l'opposition juge "disproportionné" pour lutter contre le nouveau coronavirus.

Elle instaure aussi jusqu'à cinq ans de prison pour la diffusion de "fake news" sur le virus ou les mesures du gouvernement, alors que les rares médias indépendants du pays font régulièrement l'objet de telles accusations.

Les nouvelles dispositions permettent au dirigeant hongrois de prolonger indéfiniment l'état d'urgence en vigueur depuis le 11 mars, sans demander l'aval du Parlement.