En Espagne, l'état d'alerte est prolongé jusqu'au 6 juin

L'état d'urgence prolongé.
L'état d'urgence prolongé. - © PAU BARRENA - AFP

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a obtenu mercredi des députés la prolongation de l'état d'alerte pour deux semaines sur fond d'opposition parlementaire de plus en plus dure et de manifestations contre son gouvernement. La chambre des députés a approuvé la prolongation de cette mesure d'exception, qui expirait samedi, jusqu'au 6 juin inclus par une majorité de 177 votes, 162 votes contre et 11 abstentions.

"Ce sont les Espagnols qui ont arrêté le virus ensemble (...) Personne n'a le droit de saboter ce que nous avons accompli ensemble durant ces longues semaines de confinement", a plaidé le socialiste devant les députés. L'état d'alerte, qui permet notamment de limiter la liberté de circulation, a permis à l'Espagne d'instaurer l'un des confinements les plus stricts au monde le 14 mars pour combattre l'épidémie de coronavirus.

Déconfinement par phases

Et le gouvernement juge nécessaire de le prolonger jusqu'à la fin du déconfinement par phases, qui doit s'achever fin juin et dont Madrid et Barcelone restent exclues pour le moment.Pedro Sanchez voulait initialement prolonger l'état d'alerte pour un mois mais a dû revoir ses prétentions à la baisse pour s'assurer du soutien indispensable du parti centriste Ciudadanos.

Depuis la semaine dernière, des manifestations de plusieurs centaines de personnes contre l'exécutif se multiplient dans les rues de Madrid et ont essaimé dans d'autres villes comme Saragosse, Séville ou Cordoue. Aux cris de "gouvernement démission" et en tapant sur des casseroles, ces manifestants, soutenus par la droite et l'extrême droite, accusent le gouvernement de limiter les libertés et d'avoir été incompétent dans sa gestion de la crise sanitaire.

27.888 décès

Le nombre de morts quotidiens du Covid-19 est resté mercredi sous la barre des cent pour le quatrième jour consécutif, à 95, pour un total de 27.888 décès.

Mettant constamment en garde contre le risque d'une deuxième vague de l'épidémie, le gouvernement de M. Sanchez a rendu le port du masque obligatoire dès jeudi à partir de six ans dans la rue ou dans les lieux publics comme les magasins quand il n'est pas possible de garder ses distances.

Des groupes d'extrême gauche ont également annoncé mercredi de prochaines mobilisations. "Nous ne pouvons pas offrir la rue à la droite et à l'extrême droite", a défendu mercredi Lucía Nistal, du Courant révolutionnaire des travailleurs et travailleuses (CRT).