En Catalogne, la querelle sur les symboles indépendantistes devant la justice

La justice espagnole a ouvert lundi une enquête contre la police régionale catalane accusée par une association anti-indépendantiste d'agir de façon "arbitraire" contre les personnes retirant les rubans jaunes omniprésents en Catalogne où ils symbolisent la demande de libération des indépendantistes incarcérés.

Depuis l'incarcération et l'exil volontaire de dirigeants catalans poursuivis pour leur rôle dans la vaine tentative de sécession d'octobre dernier, les indépendantistes tapissent les rues, les places, les ponts, les plages et certains monuments historiques de la région de ces rubans jaunes.

Dans ce contexte, les anti-indépendantistes les accusent de monopoliser l'espace public et de petits groupes s'organisent pour retirer ces rubans, ce qui a parfois provoqué des affrontements entre les deux camps.

Début août, la police régionale catalane a notamment arrêté un "unioniste" accusé d'avoir menacé deux personnes avec un couteau tandis que d'autres anti-indépendantistes ont vu leur identité contrôlée pendant qu'elles enlevaient des rubans avec des cutters.

Une association anti-indépendantiste a depuis porté plainte auprès du parquet, accusant la police régionale des Mossos d'Esquadra d'agir de façon "arbitraire" et discriminatoire" contre les personnes enlevant les rubans et de ne pas inquiéter en revanche les indépendantistes les posant.

Le parquet a décidé lundi d'ouvrir une enquête et de demander à la direction des Mossos d'Esquadra des explications sur "les critères suivis (...) en relation avec d'éventuelles actions de retrait de symboles revendicatifs sur la voie publique".

Le président catalan Quim Torra a pour sa part défendu lundi la police régionale, assurant qu'elle se limitait à "faire son travail" face à "un groupe qui agit de nuit, encagoulé et avec des armes blanches", une allusion aux cutters.

La controverse sur les rubans jaunes a pris de l'ampleur ces dernières semaines, M. Torra appelant la police à agir contre "les groupes agressifs qui veulent faire peur aux militants pour la liberté" tandis que le parti centriste et anti-indépendantiste Ciudadanos a entamé une campagne baptisée "Enlevons les rubans jaunes !".
 

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