En Birmanie, Facebook attise la haine contre les Rohingyas

En Birmanie, Facebook attise la haine contre les Rohingyas
En Birmanie, Facebook attise la haine contre les Rohingyas - © Tous droits réservés

L'interminable calvaire des Rohingyas, cette minorité musulmane, pourchassée en Birmanie se poursuit. 700.000 Rohingyas ont été déportés l'été dernier vers le Bengladesh voisin. L'ONU parle de "marques de génocide", et somme la Birmanie de les réintégrer. Mais cela semble difficile, voire impossible. Les villages des Rohingyas ont été rasés et incendiés. Et l'armée y installe des bases miliaires.

D'après un rapport d'Amnesty international, qui publie des photos satellites, l'armée est en train de construire des camps militaires, à la place des villages musulmans .

Mosquées démolies

350 villages au moins ont été incendiés, et leurs habitants poussés a fuir vers le Bengladesh voisin. Les ruines incendiées ont été rasées par des bulldozers. Les autorités nient vouloir effacer toute trace des Rohingyas.. Mais les images satellites sont éloquentes. On y voit la construction de bâtiments militaires, et même d'un héliport. Des mosquées qui avaient résisté aux flammes sont démolies. 

Des terres qui apprenaient aux Rohingyas sont même réattribuées a des bouddhistes de l'ethnie locale des Rakhines.. Amnesty dénonce un véritable accaparement des terres, qui va rendre impossible de le retour des Rohingyas.

Marques de génocide

Ce qui fait dire a une experte de l'ONU que ce qui s'est passé en Birmanie porte les "marques d'un génocide", dont le gouvernement est responsable.Les Rohingyas sont des musulmans apatrides. Les nationalistes birmans, emmenés par l'armée, les considèrent comme des immigrés illégaux en provenance du Bengladesh.  Pour ces nationalistes birmans, les Rohingyas "souillent "littéralement le sol birman. 

Officiellement, la Birmanie déclare qu'elle a voulu se protéger apres des attaques menées par des rebelles musulmans. Le 25 aout 2017, plusieurs postes de police ont été attaqué par des  insurgés Rohingyas qui n'en pouvaient plus d'etre considérés comme des sous hommes. La répression de l'armée birmane et des milices bouddhistes a été foudroyante, et a provoqué l' exode de 700.000 personnes.

Le silence de la Dame de Rangoon

Le mutisme de Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix, a surpris et scandalisé la communauté internationale. Aung San Suu Khi est, depuis 2016, à la tête d'un gouvernement civil. Mais l'armée reste toute-puissante dans ce pays qui sort d'une longue dictature.Et malgré les exhortations d'autres prix Nobel de la Paix, comme le Dalai lama, Aung sang suu kyi n'a jamais condamné les crimes commis contre les Rohingyas.

Un autre enquêteur de l'ONU pointe un acteur inattendu, mais redoutable dans cette tragédie : Facebook. 

Pour Marzuki Darusman, qui préside la mission d'enquête internationales des Nations unies en Brimanie, les réseaux sociaux, et en particulier Facebook, a joué un rôle déterminant dans la propagation des propos haineux. Facebook est une source d'information importante pour les birmans, en l'absence de presse indépendante. Et la plateforme a été utilisée pour manipuler l'opinion, et la dresser contre les Musulmans.

Visite de représentants de l'ONU dans un camp de réfugiés Rohingyas en Birmanie le 12/02

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