En Afrique on n'a #memepaspeur

En Afrique on n’a #memepaspeur.
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En Afrique on n’a #memepaspeur. - © ISSOUF SANOGO - AFP

Actrices et cinéastes africaines dénoncent les harcèlements et abus sexuels qu’elles subissent dans le cinéma africain. Après #metoo et #balancetonporc, le mouvement #memepaspeur fait son apparition sur la toile.

La 26e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), se déroulait du 24 février au 1 mars au pays des hommes intègres le Burkina Faso. Lors de cette biennale du cinéma africain, des langues se sont démêlé. Les femmes ont pris la parole lors d’une table ronde sur « La place des femmes dans l’industrie du cinéma africain et de la diaspora » organisée au Marché international du cinéma et de la télévision africains (MICA), et une série de témoignages poignants a dénoncé des abus.

Il a commencé à me toucher

Les propos plus impactant étaient sans doute ceux de la comédienne française de 46 ans Nadège Beausson-Diagne et de Azata Soro, actrice et réalisatrice burkinabée.

La première revient sur des événements qui se sont déroulés il y’a dix-huit ans, lors des tournages en Afrique : « Un jour, on devait aller à une soirée chez l’ambassadeur et malheureusement je n’ai pas pu faire autrement que d’être avec lui seul dans la voiture… Il a tourné à droite pour aller dans la forêt et il a commencé à me toucher et j’ai hurlé j’ai fait une crise de nerfs donc il a arrêté. »

À la suite de cette tentative de viol, son bourreau a exercé une pression durant toute la suite du tournage sur l’actrice : « Il m’a isolée de l’équipe technique, a interdit à tout le monde de me parler, a coupé certaines de mes scènes au montage, a menacé de bloquer mes billets d’avion… Je le suspecte même d’avoir cherché à m’intoxiquer. Et ce réalisateur, qui n’a jamais été inquiété, est actuellement présent sur le festival… »

rapporte le journal Jeune Afrique présent à la table ronde

Pour la seconde, les événements sont beaucoup plus récents et plus précisément le 30 septembre 2017. Employé en tant qu’assistante de réalisateur de la série « Le Trône », une dispute éclate avec son réalisateur Tahirou Tasséré Ouédraogo et s’ensuit une violence physique durant laquelle le réalisateur casse une bouteille en verre et entaille la jeune femme au visage.

#memepaspeur un hashtag pour faire face.

Pour dénoncer tous les travers restés terré, La journaliste Hortense Assaga, à la fin de la table ronde propose le hashtag : #Memepaspeur pour dénoncer les agressions dont sont confrontées ces professionnelles du 7e art africain.

A l’image de l’affaire Harvey Weinstein qui a donné place au hashtag #Metoo et plus tard en France #Balancetonporc, Nadège Beausson-Diagne espère que toutes les victimes s’exprimeront et que la peur changera de camps. Elle incite aussi les institutions d’arrêter de subventionner certains réalisateurs : « J’invite les institutions qui donnent les subventions, qui savent très bien qui sont ces messieurs, à ne plus leur donner de subventions. Ce sont des prédateurs sexuels qui ne font des films que pour coucher avec des jeunes filles et autres. »

TV5 Monde qui avait acheté les droits de diffusion de la série a déclaré lors d’un communiqué qu’il ne diffusera pas la série « Le trône » et exclut toute collaboration à venir avec Tahirou Ouedraogo.

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