En Afrique du Sud, les blackouts handicapent l'économie du pays

L'Afrique du Sud est pourtant le plus riche des états africains. Il représente à lui seul le quart de la richesse du continent et il connaît une solide croissance. Pourtant le pays subit régulièrement des pannes de courant globales. Et tout le monde doit s'y faire, à commencer par les entreprises. La société belge Zetes est spécialisée dans le service informatique, elle a quatre sites de production en Afrique du sud, son patron Alain Wirtz n'est pas à la fête : "On a une unité de production à Johannesburg et on est très souvent délesté. On est quasiment quotidiennement obligés d'arrêter nos opérations pendant une ou deux heures parce que l'Afrique du Sud souffre d'un manque d'électricité et d'une planification qui n'a pas été faite correctement par le passé. Cela nous rapproche des problèmes belges si ce n'est qu'on a pas encore été délesté en Belgique. Ici, c'est quotidien".

Des coupures qui arrivent sans prévenir

Les délestages sont plus fréquents dans les "townships" où vit la population la plus pauvre.

La société de production et de distribution d’électricité, Escom, essaie de planifier les interruptions, mais les coupures arrivent souvent sans prévenir. Jean-Françoise Schevenels vient d'ouvrir un établissement "Liège Café", il en sait quelque chose : "On nous a coupé le courant hier pendant cinq heures à partir de 10h du matin. C'est un problème pour nous parce qu'il fait très chaud pour le moment et que notre comptoir de pâtisserie normalement est à 3 ou 4 degrés. Quand on a une coupure de courant de cinq heures, le comptoir de pâtisserie est à 25 degrés. Donc, tous les gâteaux sont bon à jeter. Avant Noël, c'était assez grave, on avait presque trois ou quatre coupures par semaine et puis après, pendant les vacances, on a presque plus eu de coupures, et puis cela a repris. C'est assez embêtant".

Comment se fait-il que l'Afrique du Sud manque à ce point d'électricité?

Ce manque d'électricité est en partie dû à un développement économique rapide après la fin de l'apartheid il y a 20 ans. S'il y a bien eu des investissements, ils sont insuffisants pour couvrir les besoins du pays.

Deux nouvelles centrales thermiques sont en construction près de Durban. Arnaud de Limburg dirige le chantier pour GDF Suez, son diagnoctic est clair : "L'Afrique du Sud est en manque de capacité énergétique. Beaucoup de centrales d'Escom sont assez âgées, n'ont pas forcément été maintenues comme elles devraient. Donc, aujourd'hui, il y a beaucoup plus d'incidents qui font qu'elles ne peuvent pas opérer. Donc, cela cause dans beaucoup de provinces du pays des coupures d’électricité. Et évidemment, tout ce que l'on peut faire pour y remédier, est le bienvenu (...) Cela pèse certainement pour le moment sur le développement économique du pays".

Autrement dit, ces coupures d'électricité engendrent des pertes économiques en cascade et refroidissent certains investisseurs. Et l'Afrique du Sud ne sortira pas si vite de cette situation. Quand on voit ça, on se dit qu'il vaut mieux prendre les devants pour que ça n'arrive pas en Belgique.

 

C.B. avec F. Gilain

 

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