En acquittant R. Haradinaj le TPIY "légalise la loi de la mafia" , dit la Serbie

"Le tribunal de La Haye a légalisé la loi de la mafia au Kosovo, avant tout l'omerta, la loi du silence, qui est toujours en vigueur et qui est plus forte que tous les crimes" a ajouté Milivoje Mihajlovic faisant allusion aux témoins à charge contre Ramush Haradinaj qui se sont désistés durant le procès.

Ce verdict "est un grave coup porté à la justice internationale et à la justice en général. C'est une défaite de la mission internationale au Kosovo", a poursuivi le porte-parole qui a estimé que "la libération de Haradinaj signifie une condamnation de l'engagement international au Kosovo".

La communauté internationale "n'a pas pu protéger les témoins" dans le procès de Ramush Haradinaj, "comment va-t-elle protéger les 150.000 Serbes" qui vivent au Kosovo, s'est-il interrogé.

Pour Belgrade, l'acquittement de M. Haradinaj représente un "obstacle érigé sur la voie du processus de réconciliation" entre Kosovars albanais et serbes, processus engagé sous la houlette de l'Union européenne et qui vise à la normalisation des relations entre Belgrade et Pristina.

"Le gouvernement va poursuivre son dialogue avec Pristina car c'est le seul moyen par lequel nous pouvons améliorer la situation des Serbes" du Kosovo, a néanmoins dit Milivoje Mihajlovic.

Soutenue par les Etats-Unis et la majorité des pays membres de l'Union européenne, la majorité kosovare albanaise a proclamé son indépendance de la Serbie en 2008, indépendance que Belgrade ainsi que son principal allié la Russie, refusent de reconnaître.

A Pristina, pétards et cris de joie

 

La réaction à cet acquittement dans la capitale kosovare contrastait singulièrement avec les réserves serbes. Des centaines de Kosovars albanais rassemblés sur la place centrale de Pristina ont accueilli par des cris de joie et dans le bruit assourdissant d'explosions de pétards, l'acquittement de leur "héros".

Par une pluie battante, munis de parapluies, ils avaient suivi la retransmission en direct du jugement sur un écran géant, tous convaincus que le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie allait une nouvelle fois acquitter Ramusg Haradinaj. "La justice s'est imposée, le Kosovo a gagné. Je suis convaincu que tout ira mieux désormais car nous ne pouvons aller de l'avant qu'avec lui", s'est exclamé en pleurant Jahja Lluka, un proche collaborateur de Ramush Haradinaj, qui avait été brièvement Premier ministre de 2004 à 2005, avant de se livrer au TPIY.

"Le Kosovo attendait une telle décision. Le Kosovo a tellement besoin de lui", a dit Maria Haradinaj, une économiste quinquagénaire, qui a assuré n'avoir aucun lien de parenté avec le "héros" kosovar. "Je peux témoigner qu'il n'a commis aucun crime et qu'il a respecté toutes les lois de la guerre. Nous attendons avec bonheur son retour et nous voulons le voir de nouveau à la tête du Kosovo", a lancé Shpetim Felmanaj, un ancien maquisard, relayant ainsi de nombreuses rumeurs selon lesquelles, M. Haradinaj sera candidat au poste de Premier ministre une fois rentré à Pristina. 

Avec Belga

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK