Empoisonnement de Navalny : l'UE sanctionne des responsables russes haut placés, proches de Poutine

Alexeï Navalny est toujours en convalescence en Allemagne
Alexeï Navalny est toujours en convalescence en Allemagne - © HANDOUT - AFP

Au Sommet européen les 27 ont formalisé ce jeudi la décision de sanctionner six personnes et une organisation pour leur implication dans la tentative d’assassinat de l’opposant russe Alexeï Navalny en août dernier sur le sol russe.

Les sanctions sont les habituelles "mesures restrictives" de l’UE : une interdiction de voyager dans l’UE (pour les personnes), un gel des avoirs hébergés dans l’UE, ainsi qu’une interdiction pour les entreprises et personnes dans l’UE de financer les sanctionnés. Plusieurs proches du président Vladimir Poutine sont visés, dont le directeur des services de renseignement du FSB.

Développement d’armes chimiques

Les sept personnes et entité s’ajoutent à la liste de ceux qui sont visés par l’UE pour avoir participé au développement ou à l’usage d’armes chimiques prohibées.


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Alexeï Navalny avait en effet été empoisonné par un agent de type Novitchok, une arme chimique typiquement russe interdite par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Les six personnes sanctionnées cette semaine par l’UE sont toutes de nationalité russe.

Andreï Yarin en fait partie. Il est le chef de la direction des affaires intérieures de l’administration présidentielle, ainsi que son premier adjoint Sergueï Kirienko. "Andrei Yarin a également été nommé à un groupe de travail au sein de l’administration présidentielle dont le rôle est de lutter contre l’influence d’Alexeï Navalny dans la société russe, y compris au moyen d’opérations destinées à le discréditer", note l’UE dans son Journal officiel.

Plusieurs "sous-ministres" de la Défense russe s’y ajoutent : Pavel Popov, qui est également général d’armée et supervise les capacités scientifiques et techniques du ministère de la Défense, et Aleksey Krivoruchko, qui a la responsabilité générale des armements.


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Enfin, l’UE vise aussi Aleksandr Bortnikov, le directeur de l’agence FSB, les services de renseignement russes issus du KGB. Sergei Menyailo, "envoyé plénipotentiaire" de la présidence en Sibérie, complète la liste.

L’entité visée est quant à elle l’institut de recherche étatique "State Scientific Research Institute for Organic Chemistry and Technology", qui était par le passé impliqué dans le développement du Novitchok.

Enquête difficile

Dans le document officiel formalisant la décision du Conseil de sanctionner ces sept personnes et entité, l’UE fait siens les constats mis en avant ces dernières semaines par l’Allemagne et la France : le Novitchok "n’est accessible qu’à des autorités étatiques de la Fédération de Russie". "Dans ces circonstances, il est raisonnable de conclure que l’empoisonnement d’Alexeï Navalny n’a été possible qu’avec le consentement de l’administration présidentielle", peut-on y lire.

Alexeï Navalny poursuit actuellement sa convalescence en Allemagne, où il avait été transféré après avoir été pris en charge dans un hôpital de Sibérie.

Pour la Russie cela nuira aux relations avec l'UE

Les sanctions de l'UE visant plusieurs responsables russes, dont des proches de Vladimir Poutine, en réaction à l'empoisonnement de l'opposant Alexeï Navalny, vont "nuire" aux relations entre Bruxelles et Moscou, a réagi jeudi le Kremlin. "Avec cette décision, le Conseil de l'UE nuit aux relations avec notre pays", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov. "On ne peut que regretter cette décision qui fait dépendre les relations entre l'UE et Moscou d'une personne considérée en Europe comme le leader d'une opposition", a souligné Dimitri Peskov, en référence à Alexeï Navalny, bête noire du Kremlin dont le porte-parole ne prononce jamais le nom.

Il a déploré une "mesure inamicale" et sans "aucune logique". 

Archives JT du 02/09/2020 - Alexeï Navalny : l'opposant russe empoisonné au Novitchok

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