Empoisonnement d'un ex-espion russe: ces "cold cases" que la Grande-Bretagne veut rouvrir

Après l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergeï Skripal, la Grande-Bretagne va rouvrir de vieilles affaires. Des "cold cases", comme on les appelle. Car, depuis le début des années 2000, plusieurs ressortissants russes ont été retrouvés morts sur le territoire britannique. Londres se demande si Moscou pourrait y être pour quelque chose.

On les voit sur des images capturées par une caméra de surveillance : Sergeï Skripal et sa fille Ioulia marchent dans une rue de  Salisbury (sud de l'Angleterre). Nous sommes quelques instants avant leur empoisonnement au novitchok, une substance créée par l'Union soviétique dans les années 70.

Des morts par poison, des morts suspectes, la Grande-Bretagne en a plusieurs connu ces dernières années. Alors aujourd'hui, les autorités envisagent de rouvrir les dossiers. Et ce pour vérifier dans les moindres détails... en vue d'accuser ou pas la Russie. 

"Je demande à la Première ministre que le Conseil national de sécurité demande un examen de quatorze autres affaires", a déclaré Yvette Cooper, ministre britannique des Affaires intérieures.

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Décès suspects dans l'entourage d'Alexandre Litvinenko

Alexandre Litvinenko est sans doute le visage le plus connu. L'ex-agent soviétique a été empoisonné en 2006 au polonium, une matière hautement radioactive. On se souvient encore d'un homme agonisant sur son lit d'hôpital mais conscient, aidant Scotland Yard à retrouver ses propres assassins. Ce qu'on sait moins, c'est que que trois connaissances de Litvinenko sont aussi décédés dans des circonstances étranges.

  • Igor Ponomarev, mort soudainement en 2006 à 41 ans;
  • Daniel McGrory, journalistes au Times ayant couvert l'affaire Litvinenko, retrouvé inanimé chez lui en 2007; 
  • Matthew Puncher, 46 ans, expert en radiologie, poignardé en 2016. À l'époque l'enquête concluait au suicide, même si les blessures avaient été infligées par deux couteaux différents...

Pour Marina Litvinenko, la veuve d'Alexandre Litvinenko, "le gouvernement russe nie tout. C'est une pratique normale. Ils nient tout le temps, même s'il y a beaucoup de faits, même s'il y a quelque chose qui est prouvé, ils nient".

Des affaires dignes de polars d'espionnage

Quatorze affaires suspectes vont en fait être réétudiées, dont celle de Boris Berezovski. En 2013, l'oligarque et dissident russe est retrouvé pendu dans sa salle de bain.

Autre cas : celui de Badri Patarkatsichvili, 52 ans, dans le collimateur de la justice russe pour fraude fiscale. Réfugié en Grande-Bretagne, il est mort, apparemment d'une crise cardiaque, en 2008.

Il y a aussi Scott Young, empalé après être tombé de la fenêtre de son appartement. Ou encore Johnny Elichaoff, investisseur dans le pétrole qui se serait jeté du toit d'un parking.

Quant à Paul Castle et Robert Curtis, ils sont tous les deux morts sous les rails d'un métro à Londres. Et enfin, citons Gareth Williams, un ancien espion britannique retrouvé nu dans un sac de sport au fond d'une baignoire.

Il y a donc du travail d'analyse en perspective pour les autorités britanniques. En attendant, tous les clients du restaurant ou se trouvaient Sergeï Skripal début mars ont été priés de laver leurs vêtements pour éliminer d'éventuelles traces de poison.

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