Emplois fictifs: deux proches de Marine Le Pen en garde à vue

Marine Le Pen en compagnie de son garde du corps, Thierry Légier, soupçonné d'emploi fictif.
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Marine Le Pen en compagnie de son garde du corps, Thierry Légier, soupçonné d'emploi fictif. - © PHILIPPE DESMAZES - AFP

Le garde du corps et la cheffe de cabinet de Marine Le Pen sont en ce moment interrogés par les enquêteurs de l'office anticorruption, rapporte plusieurs médias français. Ceux-ci sont entendus dans le cadre de l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs des assistants parlementaires FN au parlement européen. De son côté, la candidate FN à la présidentielle française dénonce une "cabale politique".

Des assistants parlementaires travaillant pour le compte du parti

Depuis plusieurs semaines, le Front national est en effet inquiété par une enquête de l'Office européen de Lutte Antifraude (OLAF) qui affirme que l'eurodéputée française a employé deux assistants parlementaires payés avec de l'argent public européen. Et ce, alors que ceux-ci ont tout sauf travaillé au Parlement de l'Union. Selon l'OLAF, ils travaillaient en réalité pour le compte exclusif du parti d'extrême droite, en France.

Une fraude présumée qui s'élève à plus de 339 000 euros

Ainsi, quelques dizaines de milliers d'euros alloués par l'Europe correspondraient à la rétribution de Thierry Légier, embauché comme assistant local de la présidente du parti d'extrême droite pendant quelques mois à la fin de l'année 2011. Or, à cette date, Thierry Légier, qui a travaillé pendant vingt ans comme garde du corps de Jean-Marie Le Pen, assurait la protection au quotidien de Marine Le Pen, c'est-à-dire également quand elle n'était pas à Bruxelles.

L'Olaf, le bras armé du parlement européen

Le reste provient du salaire alloué à Catherine Griset pour son job d'assistante de Marine Le Pen au Parlement européen, entre 2010 et 2016. Un contrat à temps plein équivalent à celui d'un fonctionnaire européen qui, selon les enquêteurs de l'Olaf, n'était pas compatible avec ses responsabilités au FN.

Somme totale de la fraude mise en lumière : 339 946 euros sous forme de salaires versés entre 2010 et 2016 à ces deux "assistants parlementaires". Somme que Marine Le Pen a refusé de verser, dénonçant une persécution d'un office qui serait en réalité, selon elle, "le bras armé du parlement européen".

Ces accusations sont-elles crédibles? Check-Point démêle le vrai du faux:

Ces déboires judiciaires ne semblent pas affecter la popularité de la candidate, donnée largement en tête du premier tour de l'élection présidentielle le 23 avril et qui bénéficie d'intentions de vote en hausse au deuxième tour, même si elle reste donnée perdante quel que soit son adversaire.

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