Emmanuel Macron y renonce en partie, combien toûchent les chefs d'État à la retraite ?

En pleine grogne sociale contre la réforme des retraites qu'il entend mener à bien, Emmanuel Macron renonce à sa future pension d'ancien président. "Une volonté de cohérence" assure l'Élysée. De la France aux Etats-Unis, en passant par la Grande Bretagne, l'Allemagne ou l'Italie, combien touchent les anciens chefs d'État et de gouvernement une fois retirés des affaires ?

L'annonce est tombée le jour de son 42e anniversaire. Emmanuel Macron ne percevra pas la pension normalement dévolue aux anciens présidents français. 6.220 euros bruts mensuels, soumis à aucune condition d'âge, ni de durée de mandat ou de plafond de revenus. A la place, "un nouveau système sera créé dans le cadre du futur régime universel par points" précise l'entourage de M. Macron. Un régime par points appelé à se substituer aux 42 régimes de retraites existant actuellement en France, non sans mal à en juger par les centaines de milliers de manifestants qui, depuis le 5 décembre, se prononcent contre cette réforme d'envergure.

Les homologues internationaux d'Emmanuel Macron sont-ils aussi bien traités ? Comment fonctionne le régime de retraite des anciens chefs d’Etat et de gouvernement en dehors de l'Hexagone ? Réponse d'abord en Belgique.

Le non-cas belge

Le sujet est loin de nourrir le débat dans le Royaume, pour preuve il nous a été bien difficile de rassembler des éléments tangibles au sujet du traitement des anciens Premiers ministres à la retraite. En se penchant sur le Courrier hebdomadaire du Crisp intitulé "La rémunération des parlementaires et des ministres", on apprend simplement que "la durée des fonctions ministérielles s’ajoute à celle des mandats parlementaires afin de calculer la pension à laquelle les ministres et secrétaires d’État ont droit". Un calcul qui s'appuie sur une cotisation de 8,5 %, "prélevée sur la partie du traitement ministériel qui équivaut à l’indemnité parlementaire." Traduction, un Premier ministre, même durant son absence au Parlement, continue à cotiser comme un député. Autant dire, pas de régime de faveur pour le locataire du 16 rue de la Loi.

Au Royaume-Uni des pratiques qui évoluent

Outre-Manche, une loi votée sous la mandature de John Major en 1991 a fixé la pension des anciens Premiers ministres à 50% du salaire qu’il percevait au 10 Downing Street, soit plus de 70.000 livres sterling annuelles (82.154 euros). Mais tous ne la réclament pas: David Cameron et Gordon Brown y ont renoncé au moment de quitter leur fonction. Une façon d'éviter la polémique qui entoure leur prédécesseur, Tony Blair. Lui n'a en effet pas refusé cette retraite dorée qu'il cumule avec d'autres privilèges. Il bénéficie ainsi d’une voiture avec chauffeur et du remboursement complet des frais liés à son bureau et à ses assistants.

Les situations paradoxales de l’Allemagne et de l’Italie

Les situations allemandes et italiennes interpellent pour le moins. Et pour cause: les chefs de gouvernement – le président du Conseil et le chancelier – sont loin d’être les mieux traités, ce sont pourtant eux qui exercent de façon effective le pouvoir. Dans ces deux pays, la retraite dorée revient au chef de l'État, dont le mandat est pourtant essentiellement représentatif et honorifique. En Allemagne, le président fédéral dispose d'une pension annuelle de quelque 200.000 euros (soit 100% de son salaire). En Italie, le président de la République, une fois son mandat achevé, devient pour sa part sénateur à vie, avec tous les avantages que cela implique: un salaire de près de 6000 euros mensuels, un bureau et des employés personnels. 

Les Etats-Unis ou le rêve américain

Au pays de l’Oncle Sam, le régime de retraite des anciens chefs d’Etat est régi par le Former President Act. Cette loi fédérale, votée en 1958, accorde nombre d’avantages financiers ou en nature. Les ex-locataires de la Maison Blanche bénéficient ainsi d’une pension à vie de 207.800 dollars (187.549 euros), de l’assurance maladie, d’un bureau et d’employés personnels défrayés à hauteur de 96.000 dollars (86.644 euros). Et c'est sans compter, la protection à vie assurée par le Secret Service, agence chargée expressément de la protection du locataire de la Maison-Blanche, à l'endroit des ex-chefs d'État, de leurs enfants et de leurs épouses.

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