Emmanuel Macron: son "Europe plus unie" prend un coup

"Déclarations outrancières" et "attaques sans fondement et sans précédent". Voilà les principales raisons pour lesquelles la France a décidé de rappeler son ambassadeur en Italie pour "consultations". Le Quai d'Orsay avait déjà dénoncé hier une "provocation inacceptable" après une rencontre la veille entre le vice-président du Conseil italien et chef politique du Mouvement 5 Etoiles (antisystème), Luigi Di Maio, et des représentants des "gilets jaunes" en France.

Le patron de l’extrême droite italienne et homme fort du gouvernement Conte, avait ainsi dit espérer que le peuple français se libère bientôt d’un "très mauvais président", des propos totalement inédits entre responsables de pays fondateurs de l’Union européenne.

Aujourd’hui, Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur et patron de l'extrême droite italienne, a réagi au rappel de l'ambassadeur de France pour consultations en assurant que le gouvernement de Rome ne souhaitait pas la polémique. "Nous ne voulons nous fâcher avec personne, les polémiques ne nous intéressent pas : nous sommes des gens concrets et nous défendons les intérêts des Italiens", a écrit Matteo Salvini dans un communiqué.

Un rappel pour consultations ?

L’ambassadeur français à Rome est donc rentré à Paris pour "consultations". Mais que cela veut-il vraiment dire ? "Le rappel est tout d’abord symbolique car si le Président français ou ses services voulaient des informations complémentaires, cela pourrait se faire par téléphone ou via mails, explique une source au ministère des affaires étrangères. Cela n’est pas forcément grave. Mais cela peut-être la première étape vers le gel ou la rupture des relations diplomatiques entre deux pays.

Ce rappel français n’est pas une première. Le 25 Août 2017, le chef de la diplomatie hongroise, Péter Szijjarto, avait annoncé le rappel "pour consultations" de l'ambassadeur hongrois à La Haye, après de vives critiques formulées par l'ambassadeur néerlandais à Budapest à l'encontre du gouvernement hongrois. Et la Belgique ? Le 6 février 2012, l'ambassadeur de Belgique en Syrie, Françoise Gustin, avait été rappelée immédiatement en consultation par le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, quelques mois après le début du conflit.

Généralement, les rappels d’ambassadeurs ne sont pas étonnants. Ils peuvent se faire pour "Ils sont plus rares, en revanche, entre pays européens. "Nous croyons en une Europe plus unie, plus solidaire, plus forte, face aux grandes transformations du monde." avait expliqué le Président français Emmanuel Macron, à Bruxelles le 19 novembre 2018. Avec ce rappel, son "Europe unie" prend donc un coup. Un geste fort et symbolique pour exprimer son désaccord vis-à-vis de l’Italie.

 

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