Emmanuel Macron et Giuseppe Conte se mettent d'accord pour une répartition européenne des migrants

Emmanuel Macron à Rome pour renouer avec l'Italie
Emmanuel Macron à Rome pour renouer avec l'Italie - © FRANCOIS MORI - AFP

Le président français Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte se sont dit d'accord mercredi pour un "mécanisme automatique" de répartition des migrants, auxquels tous les pays de l'UE devraient participer "d'une façon ou d'une autre", sous peine de "pénalités financières".

Reconstruire une relation de confiance entre la France et l’Italie et débloquer le dossier sensible de la migration : voilà le double objectif de la visite du président français Emmanuel Macron à Rome ce mercredi soir. Après une année difficile marquée par des divisions où le leader de la Ligue Matteo Salvini n’était pas étranger, il s’agissait surtout d’aplanir les différends, mais aussi de remettre l’Italie dans la perspective européenne et de construire un front antipopuliste en Europe.

Economie et Europe

Ces derniers mois, les crispations se sont succédé entre Paris et Rome. Il y a eu la fusion des chantiers de l’Atlantique et Fincantieri : l’Italie n’avait pas apprécié que la France demande son avis à la Commission européenne. Mais il y a aussi eu le dossier de la liaison ferroviaire Lyon-Turin, pomme de discorde entre la Ligue d’extrême droite de Matteo Salvini et son allié populiste du Mouvement 5 Etoiles (M5S), et puis les attaques du M5S contre la France qui selon Luigi Di Maio appauvrirait l’Afrique avec le franc CFA, ou encore le projet raté de fusion entre Renault et Fiat-Chrysler…

Les intérêts économiques français sont importants en Italie. Resserrer les liens entre partenaires était donc nécessaire, à présent que la page Salvini est tournée. Emmanuel Macron est le premier chef d’Etat européen en visite à Rome depuis l’installation du nouveau gouvernement Conte, sans le leader de la Ligue.

Pour le président Macron, il s’agit aussi de rechercher un allié pour son projet de réforme de l’Union européenne. Du côté italien, le Premier ministre Giuseppe Conte tentera de s’assurer de l’appui de Macron pour obtenir de l’Europe, et de l’Allemagne en particulier, un délai pour réduire la dette italienne qui est au-dessus de 132% du PIB.

Migration et Libye

Paris et Rome, qui affichaient leur unité après deux ans de dissensions sur ce sujet brûlant, défendront au sein de l'UE "une position commune pour que tous les pays participent d'une façon ou d'une autre" à l'accueil "ou bien soient pénalisés financièrement", a expliqué M. Macron, venu à Rome pour une brève visite.

Le chef de l'Etat français s'exprimait aux côtés de Giuseppe Conte, avec qui il venait d'avoir un bref entretien. Tous deux ont aussi réclamé une gestion "plus efficace" du renvoi dans leur pays d'origine des migrants qui n'ont pas droit à l'asile.

Le dirigeant italien a souligné que l'Italie ne "laisserait pas les trafiquants décider des entrées sur le territoire", mais aussi jugé qu'il fallait "gérer ce phénomène", quand l'ex-ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, patron de La Ligue (extrême droite), refusait tout débarquement de migrants.

Regrettant de son côté "l'injustice" vécue par les Italiens, Emmanuel Macron a répété que l'UE n'avait pas été suffisamment solidaire envers l'Italie.

"La France est prête à évoluer sur ce point dans le cadre de la remise à plat des accords de Dublin", qui confient actuellement aux pays d'arrivée la charge du traitement des demandes d'asile, a-t-il dit.

"Je ne mésestime pas ce que le peuple italien a vécu", a expliqué le président Macron, mais "la réponse au sujet migratoire n'est pas dans le repli mais dans une solution de coopération européenne efficace".

Plusieurs ministres de l'Intérieur de l'UE (dont les ministres français, allemand et italien) doivent se réunir lundi à Malte pour discuter de ce dossier.

Sans le dire ouvertement, le président français voit d’un bon œil la nouvelle équipe en place à Rome depuis un peu plus d’une semaine. Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, adopte désormais une attitude plus conciliante avec l’Europe. Il a promis de mettre fin à la politique migratoire dure de l’ex-ministre de l’Intérieur Matteo Salvini.

La stabilisation de la Libye est notamment liée au dossier migratoire. "La crise libyenne reste une source de grande préoccupation pour le gouvernement italien et sa solution représente un intérêt national crucial", avait annoncé Giuseppe Conte dans un communiqué.

Les deux chefs d'Etat se sont rencontrés dans la capitale italienne:

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