Emissions de CO2 des voitures: l'UE cherche un compromis, l'Allemagne freine

Emissions de CO2 des voitures: l'UE cherche un compromis, l'Allemagne freine
Emissions de CO2 des voitures: l'UE cherche un compromis, l'Allemagne freine - © JOHN MACDOUGALL - AFP

Les ministres de l'Environnement européens sont réunis mardi à Luxembourg pour boucler un accord sur la baisse des émissions de CO2 des voitures neuves, au lendemain d'un coup de semonce des experts de l'ONU sur les dangers du réchauffement climatique.

Ils ont sur la table une proposition de compromis pour un recul de 35% en 2030, par rapport à 2021, préparée par la présidence autrichienne du Conseil de l'UE. Un objectif que l'Allemagne tente de réduire, au grand dam d'autres pays qui lui reprochent de céder à son industrie automobile.

La baisse proposée par l'Autriche est plus ambitieuse que celle suggérée par la Commission européenne fin 2017 (-30% d'émissions moyennes de CO2 en 2030), mais elle reste largement en deçà de celle de 40% défendue par le Parlement européen.

Les Etats membres vont devoir surmonter leurs divisions 

Avant de négocier avec les eurodéputés le nouveau seuil qui s'appliquera dans l'UE, les Etats membres vont devoir surmonter leurs divisions, sous la pression d'une industrie inquiète de ces nouvelles contraintes.

La France plaide "pour une baisse de 40% des émissions CO2 des voitures en 2030", a déclaré à son arrivée mardi à Luxembourg le ministre de la Transition écologique, François de Rugy.

La Belgique est, elle aussi, favorable à un effort plus intense que celui proposé par la Commission. "Nous sommes profondément convaincus que viser une baisse des émissions d'au moins 20% à l'horizon 2025 et d'au moins 40% d'ici à 2030 tant pour les voitures que les utilitaires légers est nécessaire", a notamment indiqué son représentant permanent adjoint, Jan Hoogmartens.

Des pays comme la Suède, la Finlande, le Danemark, le Luxembourg ou encore les Pays-Bas réclament pour leur part une baisse plus importante.

Mais un autre groupe, incluant des pays de l'Est et l'Allemagne, ne veut pas dépasser l'objectif initial de la Commission.

"L'industrie automobile allemande met la politique environnementale allemande au pied du mur, nous voulons mettre un terme à cela aujourd'hui", a déploré le secrétaire d'État luxembourgeois au développement durable, Claude Turmes.

Faute de consensus, "il n'est pas exclu que l'on doive recourir à un vote à la majorité qualifiée" qui mettrait Berlin en minorité, a indiqué un responsable européen.

 

Archive : JT 08/10/2018

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