Émeutes au Chili: le gouvernement rencontre pour la première fois les syndicats

Émeutes au Chili: le gouvernement rencontre pour la première fois les syndicats
Émeutes au Chili: le gouvernement rencontre pour la première fois les syndicats - © CLAUDIO REYES - AFP

Le gouvernement chilien s’est réuni jeudi pour la première fois avec des organisations sociales et syndicales pour tenter de juguler la crise sociale qui perdure depuis plus de 40 jours, avec des épisodes de violences et de pillages.

Des membres du gouvernement du président conservateur Sebastian Piñera ont rencontré des représentants de la "Plateforme d’unité sociale", un collectif d’organisations sociales et syndicales.

Parmi elles, figurent la Centrale unitaire des travailleurs (CUT), le plus puissant syndicat du pays, l’organisation professionnelle des professeurs, ou encore le collectif "No+AFP" qui réclame la fin du système de retraites privatisé chilien, qui cristallise la colère des protestataires.

La plateforme a lancé de nombreux appels à la grève depuis le début de la crise sociale le 18 octobre, réunissant plusieurs milliers à dizaines de milliers de manifestants. Ces rassemblements ont le plus souvent été suivis de violences et de destructions par les protestataires les plus radicaux.

Lancer un dialogue sur les questions prioritaires de l’agenda social

Les organisations syndicales demandent une augmentation du salaire minimum de 301.000 pesos mensuels (400 dollars) à au moins 550.000 pesos (660 dollars). Elles exigent également la fin du système de retraites par capitalisation individuelle, hérité de la dictature d’Augusto Pinochet (1993-1990) qui accorde des pensions extrêmement faibles, et son remplacement par un système par répartition.

"Nous nous sommes mis d’accord pour lancer un dialogue sur les questions prioritaires de l’agenda social", telles que les salaires, la protection des employés, l’accès à des services de santé de qualité, les retraites, a déclaré le ministre de l’Intérieur, Gonzalo Blumel, qui fait office de numéro un du gouvernement.

De son côté, le Parlement débat de plusieurs projets de loi présentés par le gouvernement pour renforcer le maintien de l’ordre, tels qu’une loi anti-casseurs et une autre permettant aux militaires de protéger les infrastructures publiques sans avoir besoin de décréter l’état d’urgence.

Le mouvement de contestation sociale au Chili a fait 23 morts, dont cinq après l’intervention des forces de l’ordre, et plus de 2000 blessés. Après une mobilisation historique le 25 novembre, qui avait réuni 1,2 million de personnes, des manifestations se poursuivent, plus ou moins suivies, pour réclamer plus de justice sociale.

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