Elections tchèques: promesses sociales et appels à la rigueur

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Les Tchèques ont commencé à voter vendredi à 14H00 aux élections législatives pour choisir entre les promesses d'avantages sociaux de la gauche et les appels à la rigueur de la droite qui met en garde contre le risque d'un scénario grec.

Dans les derniers sondages, les sociaux-démocrates (CSSD) de Jiri Paroubek devançaient le parti de droite ODS mené par Petr Necas dans ce pays d'Europe centrale dirigé depuis mai 2009 par le gouvernement intérimaire de Jan Fischer.

"Je souhaiterais bien sûr qu'un gouvernement politique et opérationnel avec un mandat fort soit formé le plus tôt possible", a dit Jan Fischer à la presse après avoir mis son bulletin dans l'urne.

Le cabinet précédent de Mirek Topolanek (ODS) a été renversé en mars 2009, en pleine présidence tchèque de l'Union européenne, après une motion de censure déposée par le CSSD.

Les communistes (KSCM) et deux formations nouvellement créées --TOP 09 (droite) de l'ex-chef de la diplomatie Karel Schwarzenberg et les Affaires publiques (VV, centriste) de l'ancien journaliste Radek John-- sont également censés passer le seuil d'éligibilité de 5%.

Les Verts (SZ) et les chrétiens-démocrates (KDU-CSL) oscillent autour de cette barre.

25 partis en lice

"Ces élections sont différentes car la structure de notre scène politique a soudainement changé. Il y a de nouveaux partis peu connus", a déclaré le président Vaclav Klaus.

Aucun des 25 partis en lice n'est assuré d'obtenir suffisamment de voix pour gouverner seul et l'annonce des résultats prévue samedi soir ou dans la nuit de samedi à dimanche doit marquer le début de tractations, a priori difficiles, pour former une coalition.

"Les alternatives qui s'offrent sont souvent peu lisibles et certaines d'entre elles comportent un danger populiste", écrivait vendredi le grand quotidien Dnes.

De nombreux analystes appelaient à la formation d'un gouvernement avec un mandat fort et d'une coalition cohérente qui aurait le courage de prendre des mesures impopulaires pour assainir les finances publiques.

Après une contraction de 4,2% du PIB tchèque en 2009, la banque centrale prévoit une croissance de 1,4% cette année et de 1,8% en 2011.

Mais selon l'institut d'émission, le ratio dette publique sur PIB (35,4% en 2009) augmentera à 39,6% cette année et à 43,4% en 2011, avec un déficit public de 5,9% du PIB en 2011, si aucune mesure budgétaire n'est prise.

Le taux de chômage en République tchèque (10,4 millions d'habitants) se situait fin avril à 9,2% de la population active. Environ 120 000 personnes étaient sans travail depuis plus de douze mois, selon les chiffres officiels.

"Je ne veux pas de promesses"

"J'ai peur des mesures envisagées par la gauche. J'ai voté ODS", a dit à Stanislav, 40 ans, l'un des premiers électeurs au bureau de vote installé dans l'école primaire de la rue Stepanska, dans le 2e arrondissement de Prague.

"Je ne veux pas de promesses, je veux des actes réels", a quant à elle déclaré une retraitée sexagénaire, sous couvert de l'anonymat. "J'ai voté pour le nouveau parti TOP 09, je fais confiance à Karel Schwarzenberg", a-t-elle ajouté.

Les législatives de 2006 avaient abouti à une situation de blocage où deux blocs, le centre-droit et la gauche, avaient obtenu 100 sièges chacun. Mirek Topolanek n'avait pu alors former son très fragile cabinet de centre-droit qu'avec l'aide de deux transfuges sociaux-démocrates.

En 2006, le taux de participation était de 64,47%.

Le scrutin se déroule vendredi de 14H00 à 22H00 et samedi de 08H00 GMT à 14H00 dans 14 760 bureaux de vote.

Les premiers sondages à la sortie des bureaux de vote sont attendus samedi, immédiatement après leur fermeture.


AFP

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