Élections régionales en France: les réactions des candidats

Ce dimanche se tenait le second tour des élections régionales en France. Entre l'échec du Front National, la bataille entre la gauche et la droite, et la forte participation des citoyens, les candidats de chaque région et les ministres et présidents de parti se sont exprimés sur les résultats. 

Du côté du FN, le mot "défaite" ne fait pas partie du vocabulaire des différents représentants du parti. Le nombre record d'élus du parti est souvent souligné. La présidentielle ne serait que la prochaine étape à leur ascension. 

Les autres partis eux, célèbrent leur victoire modérément. Il ne faut pas oublier les résultats du premier tour et l'appel de la population française.

Nord-Pas-de-Calais Picardie: la défaite de Marine Le Pen, "un combat pour la France éternelle"

"Rien ne pourra nous arrêter !". Ce sont les mots de la présidente du Front National, Marine Le Pen, après avoir été largement battue par le candidat du parti de droite Les Républicains (LR) Xavier Bertrand. La candidate a remercié également ses électeurs de s'être "affranchis des campagnes de calomnie et de diffamation". Elle se félicite de la montée du courant national et se positionnera désormais comme la "principale opposition". 

Marine Le Pen a également comparé le parti socialiste à un parti "particulièrement malfaisant".

Pas de trace donc du mot "défaite" dans les déclarations représentants du Front National, malgré une évidente "non-victoire".

Martine Aubry, maire socialiste de Lille s'est félicitée de la "défaite" – disons-le – de Marine Le Pen : "Je veux remercier les électeurs de gauche qui ont eu le seul réflexe qui vaille, celui de voter pour Xavier Bertrand pour empêcher Marine Le Pen de l'emporter".

Du côté de Xavier Bertrand, le futur président de la Région Nord-Pas-de-Calais Picardie, le candidat de droite précise que ce n'est pas la victoire d'un candidat, mais plutôt la victoire "des gens du Nord, la victoire des hommes et des femmes du Nord-Pas-de-Calais-Picardie".

En s'obligeant à "rester humble", Xavier Bertrand félicite l'arrêt de la progression du Front National mais n'oubliera pas les résultats du 1er tour : "Nul ne peut dire qu'il a gagné; nul ne peut se prévaloir de ce résultat".

Provence-Alpes-Côte d'Azur : un duel sous tension, le Républicain remercie la gauche 

Le candidat républicain Christian Estrosi (Les Républicains) a gagné son duel face à Marion Maréchal-Le Pen (FN). Le candidat de droite a fait part de sa joie et remercie avant tout "les gens de gauche qui ont fait le sacrifice de se retirer pour cette victoire. Cet esprit de résistance sera un guide". Les socialistes de Christophe Castaner avaient retiré leur liste au second tour pour éviter une victoire du FN. Et cette stratégie a fonctionné.

Du côté de Marion Maréchal-Le Pen, le FN défendra tout de même les patriotes de la région PACA : "L'échec n'est pas fatal. C'est le courage de continuer qui compte". La candidate souligne également : "Il y a des victoires qui font honte aux vainqueurs". 

Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine : Philippot défait, mais le FN "tient bon

Selon le candidat FN Florian Philippot, après une victoire de la liste LR-UDI-MODEM, le Front national a "tenu bon". Le candidat souligne que son parti reste le "premier parti de France" avec plus de 30% des voix au niveau national. Dans ses premières déclarations, Florian Philippot a également dénoncé une campagne "hystérique" faites "d'arrangements entre partis".

La région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine avait connu au premier tour au candidat FN avec 36% des voix.

Le candidat du PS Jean-Pierre Masseret qui a conservé sa liste de gauche malgré la demande de son retrait par le Parti Socialiste, aurait récolté 15,2% des voix. Malgré cette défaite, le candidat y voit une certaine victoire : "C'est la victoire de la démocratie (...). J'avais deux objectifs : battre le Front National, c'est fait, mais aussi avoir une représentation de la gauche dans le futur hémicycle et c'est fait aussi".

Ile-de-France : une Pécresse pleine de joie

C'est une candidate républicaine fière et joyeuse qui s'est présentée au balcon après sa victoire dans la région Île-de-France. Les résultats sont serrés entre la candidate de droite et le socialiste Claude Bartolone. Valérie Pécresse obtiendrait 44% des voix contre 42% pour son adversaire socialiste. 

En joie, Valérie Pécresse (LR) a déclaré : "Je sais que vous attendez désormais non pas des déclarations d'amour, mais des preuves d'amour. Nous allons tout donner pour vous". La candidate a également souligné la participation massive des citoyens français. 

Claude Bartolone a quant à lui annoncé qu'il remettra son mandat lundi au président du groupe PS, qui décidera s'il souhaite qu'il reste président de l'Assemblée nationale ou non.

Du côté du FN, Wallerand de Saint-Just, arrivé troisième, souligne la nombre d'élus "record" que son parti a gagné lors de cette élection, ce qui est de bon augure pour la présidentielle. Il a déclaré : "Seul contre tous, notre résultat est actuellement considérable".

Les présidents de partis et ministres s'expriment également 

Selon le président des Républicains Nicolas Sarkozy, l'heure est "au travail collectif au service de la France". L'ex-président était ravi de la participation au second tour des électeurs. Mais les résultats du premier tour ne doivent pas être oubliés : "Cette mobilisation en faveur de nos candidats du second tour, ne doit cependant, sous aucun prétexte, faire oublier les avertissements qui ont été adressés à tous les responsables politiques".

Le premier secrétaire du parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis a quant à lui saluer la "bonne résistance pour la gauche et le PS". Et comme le président de la droite, le premier secrétaire ajoute qu'il faut prendre en compte les résultats du premier tour des régionales. Des leçons devront être tirées de ces résultats.

Du côté du Front de gauche, on retrouve un Jean-Luc-Mélenchon "humilié", selon ses déclarations à BFM TV. Il souligne également que la catastrophe a été évitée de justesse : "Je voudrais remercier les millions de personnes ayant voté avec des bulletins pourtant contraires à leurs convictions les plus profondes". Il appelle également à la démission du Premier ministre français Manuel Valls (PS). 

Manuel Valls qui a lui souligné que la victoire ne devait pas être brandie ce dimanche soir : "Le danger de l'extrême droite n'est pas oublié. Je mesure ma responsabilité et celle de mon gouvernement. Cela nous oblige à obtenir plus de résultats. Nous devons apporter la preuve, montrer que nous sommes capable de faire face aux plus grands défis afin d'encourager le vote 'pour' plutôt que le vote 'contre'".

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